Achim Steiner
Achim Steiner

Nous avons assisté, ces deux derniers mois, à un engagement des gouvernements pour un montant de plus de 3 000 milliards de dollars américains destiné à stabiliser les marchés financiers. Une rallonge de 2000 milliards de dollars américains a déjà été annoncée comme plan de relance économique. Jamais dans l’histoire de l’humanité autant d’argent n’a été accordé avec si peu de préparation et d’analyses stratégiques.

Les paradigmes sur le rôle de l’État, le fonctionnement efficace des marchés ou les politiques économiques, qui ces deux dernières décennies, s’énonçaient avec la même certitude que des lois de la physique, ont été remis en question pratiquement du jour au lendemain. Il est indéniable que les historiens et autres chercheurs passeront des années à évaluer la validité de ces mesures d’urgence mises en place en réponse aux crises financières. Cependant, les sociétés étant de nos jours confrontées à plusieurs défis (par exemple la sécurité alimentaire, la lutte contre la pauvreté, la sécurité énergétique, les changements climatiques, la dégradation de l’environnement), nous ne pouvons pas nous payer le luxe de surmonter ces défis avec du recul. Nous venons juste d’hypothéquer notre capacité, tant nationale que mondiale, à relever ces défis en nous octroyant, sans aucune retenue, la somme de 5 000 milliards de dollars américains afin de faire face aux effets d’ une crise financière et de prévenir des crises économiques encore plus graves.

Rappelons-nous que ces défis n’ont jamais connu d’accalmie et que les négliger aura un coût de loin supérieur à celui de l’impasse que nous connaissons actuellement dans les marchés financiers. Par conséquent, il ne peut être question de compromis. Le concept d’un « New Deal Vert » mondial ainsi que le programme plus vaste, qui consiste  à accélérer la transition vers une économie verte, constituent une tentative d’élaboration d’une stratégie gagnant-gagnant. Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de limiter les mesures d’assainissement économique et financier au programme actuel, conçu de manière succincte et orienté vers des solutions d’urgence. Le document ci-joint suggère un certain nombre de principes essentiels qui pourraient être porteurs d’avantages multiples, à savoir la disponibilité de liquidités, la relance économique, la création d’emplois, l’efficacité énergétique et la diversification parallèlement à l’intensification des efforts au plan mondial vers une économie à faibles émissions de carbone.

Il est impératif que ces principes soient non seulement intégrés dans le discours politique axé sur la crise actuelle, mais encore entérinés et davantage préconisés par les institutions financières et les architectes de notre système financier international.

Un « New Deal Vert  » mondial n’est pas une autre façon de porter secours à notre système financier. Cette nouvelle donne sera en effet le fondement d’une stratégie et de priorités visant à garantir que les plus de 5000 milliards de dollars EU ne soient pas simplement dépensés de façon ponctuelle pour éteindre un incendie. Nos efforts de réflexion doivent porter sur des méthodes plus d’investissement plus sophistiquées, de façon à ce que ces ressources puissent aider à résoudre résolution de multiples défis. Autrement, nous risquons d’être tout simplement à court d’argent pour alimenter les moteurs d’une économie à faible émission de carbone, à haute efficacité énergétique, d’une économie qui sera moins polluante et pourra générer les emplois de demain ainsi que les futurs moyens de subsistance de 9 milliards de personnes.

Photo © ICBSS

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