Jean-Luc Perron, délégué général de la Fondation Grameen-Crédit agricole et vice-président de Convergences 2015, est revenu lors du forum Convergences 2015, qui s’est tenu du 19 au 21 septembre à Paris, sur l’appel de Paris pour une microfinance responsable.

Cet appel, lancé en 2011 lors de la précédente édition du forum, représente “un document dense, précise-t-il, un vrai document d’analyse proposé en réaction aux critiques parfois excessives et parfois justifiées qui ont été adressées à la microfinance”. Parmi ces critiques figurent notamment le manque de transparence, des taux d’intérêt trop élevés, le surendettement des emprunteurs et une dérive par rapport aux objectifs initiaux de la microfinance.

L’appel de Paris, adopté par consensus par les participants de Convergences 2015, a constaté ces critiques et dérives, mais aussi de rappelé ce qui a été fait par le secteur pour s’autoréguler et revenir à une microfinance responsable. Il propose, rappelle Jean-Luc Perron, un “socle fondamental de principes et de règles, avec l’affirmation forte de la mission sociale de la microfinance et un appel à la mobilisation de tous les acteurs pour repartir sur ces bases assainies.”

L’appel de Paris a été signé par 500 organisations et de hautes personnalités avant une réunion du G20 de 2011. Un G20 qui ne s’y est pas intéressé autant qu’espéré, le texte a été remarqué, en revanche, aux Etats-Unis. Un grand réseau américain dénommé Microfinance CEO Working Group a proposé de rejoindre l’appel, qui est devenu mondial en 2012. “Le texte a été reformulé mais il conserve l’essentiel du message de l’appel de Paris”, souligne Jean-Luc Perron.

Cet appel mondial, qui s’adresse aussi aux régulateurs et aux agences internationales de développement, va faire l’objet d’un suivi. Tous les acteurs sont invités à prendre des initiatives et à les faire connaître auprès d’un secrétariat spécial, qui sera mis sur pied par Convergences 2015. Fin 2013, ce secrétariat pourra rendre compte de l’ensemble des engagements pris par les institutions de microfinance (IMF), les investisseurs, les bailleurs de fonds et les banques centrales.

A certaines critiques adressées à la microfinance, parfois accusée de maintenir les pauvres à l’écart du secteur formel et de la bancarisation, Jean-Luc Perron répond que “le modèle économique français n’a rien à voir avec celui des pays en développement”. La microfinance comble une lacune dans l’accès au crédit, dans des pays où un très faible pourcentage de la population est bancarisée (2% à 3% en Ethiopie, 5% à Madagascar et 10% au Sénégal). Jean-Luc Perron, en tant que président de la Fondation Grameen Crédit agricole, explique que cette institution “mêle le professionnalisme bancaire et l’engagement social”, en fonctionnant comme un petit établissement de crédit spécialisé dans le financement des institutions de microcrédit dans les pays en voie de développement. Et d’annoncer qu’un fonds d’investissement sera bientôt lancé sous le nom et sous l’égide de la Fondation.

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