Les investissements nécessaires pour atteindre les ODD sont bien supérieurs au niveau de l’aide internationale actuelle. Les acteurs privés doivent s’impliquer pour devenir des investisseurs d’impact.

Les gouvernements, les entreprises et les investisseurs devront verser près de 3 billions de dollars par an pour réaliser les objectifs de développement durable (ODD). Au dernier décompte, les flux de financement des pays développés vers les pays en développement – dons philanthropiques ou aides des gouvernements –  se sont élevés à 365 milliards de dollars annuels* seulement, d’où la nécessité de mobiliser l’investissement privé pour soutenir la mise en œuvre des ODD.

Beaucoup d’investisseurs souhaitent aujourd’hui que leurs activités aient un impact social et environnemental positif, en plus d’être rentables financièrement. Une tendance qui explique l’intérêt grandissant pour « l’investissement d’impact ».

Aujourd’hui, le total des actifs d’investissement d’impact s’élève déjà à 60 milliards de dollars selon le réseau GIIN (Global Impact Investing Network). Mais de tels investissements génèrent des attentes de la part des investisseurs à l’encontre des entrepreneurs qu’ils soutiennent. À ce stade, 70 % des investisseurs d’impact interrogés par GIIN et J.P. Morgan rapportent que la performance environnementale et sociale des entreprises est conforme à leurs attentes relatives à l’impact, et plus de 77 % font le même constat pour leurs attentes en termes du retour financier sur leur investissement.

La difficulté réside donc dans le développement de relations fortes, transparentes et financièrement rentables en vue d’intensifier l’impact de l’entreprise sociale.

Collaborer avec les investisseurs d’impact

La mise en place d’une solide coopération tripartite entre les organisations internationales, les entrepreneurs sociaux et les investisseurs d’impact est essentielle pour obtenir des investissements d’impact intelligents et efficaces, pour asseoir le succès des entreprises sociales et pour accélérer la réalisation des ODD.

 Les entrepreneurs sociaux disposent d’une présence locale « sur le terrain », d’une bonne compréhension des réalités pratiques et de l’accès aux clients situés à la base de la pyramide. Les investisseurs d’impact apportent pour leur part les fonds de roulement et les lignes de crédit. Quant aux organisations internationales, elles offrent une vue d’ensemble de la situation des pays en développement, des contacts avec les gouvernements et des compétences pour appuyer la mise en place d’un cadre réglementaire favorisant tant l’entrepreneuriat social que l’investissement.

L’idée d’une collaboration en vue d’investir dans des projets à vocation sociale, d’accroître leur échelle et d’élargir leur impact, est tout à fait judicieuse, mais dans la pratique, elle est loin d’être largement répandue. Elle se heurte à deux principaux obstacles, étroitement liés, à savoir, les coûts d’identification et d’audit des projets et les risques liés au stade initial de croissance de ces initiatives.

Les organisations internationales sont généralement des acteurs clés dans le renforcement des capacités entrepreneuriales, mais elles auraient un rôle encore plus important à jouer au niveau de l’atténuation des risques. Elles peuvent aussi contribuer à réduire la charge financière et administrative que représentent l’évaluation de l’impact des projets et le suivi du résultat de l’investissement, en renforçant l’implication d’experts qui sont sur le terrain, connaissent l’écosystème et ont de l’expertise dans les nombreux domaines du développement – notamment le développement communautaire, l’égalité entre les hommes et les femmes et l’environnement.

En outre, les Nations unies et d’autres grandes organisations pourraient apporter une aide précieuse au niveau de la diffusion et de l’adaptation des concepts axés sur l’impact dans le monde.

Organiser la collaboration

Un moyen de stimuler la collaboration intersectorielle consisterait par ailleurs à créer une plateforme de dialogue structurée entre les organisations internationales, les investisseurs, les gouvernements et les entreprises sociales. Nous devons explorer ensemble une multitude de sujets tels que le choix des meilleures modalités de coopération entre les différents acteurs, l’accroissement d’échelle de l’entreprise sociale et ses effets, l’atténuation des risques des investissements d’impact et la réduction des coûts et de la complexité de l’évaluation et du suivi des impacts.

Cette plateforme fournirait aux entreprises sociales et aux investisseurs d’impact une tribune pour exprimer leurs besoins et leurs préoccupations, et permettrait aux organisations internationales de se tenir au courant de ces sujets et d’ajuster leurs projets en conséquence.

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

*Données tirées de The Index of Global Philanthropy and Remittances 2013, Hudson Institute: The Center for Global Prosperity.

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