Ghada Waly
Ghada Waly

Ghada Waly, ancienne représentante résidente assistante du directeur du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) en Egypte, a participé à une table-ronde sur les femmes entrepreneurs et leur contribution à l’innovation, lors des Journées européennes pour le développement (JED) qui se sont tenues les 16 et 17 octobre à Bruxelles.

Au Pnud, Ghada Waly a notamment travaillé sur les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et le développement de la microfinance, avant de prendre la direction du Fonds social égyptien pour le développement (SFD), un organisme public. Pour elle, l’intégration des femmes sur le marché du travail sert avant tout l’économie, l’équité et réduction de la pauvreté. “De ce point de vue, la microfinance est importante pour l’accès au crédit, à l’assurance et à l’épargne, explique-t-elle. Les formations de base sur les produits financiers sont aussi importantes pour que les femmes puissent faire leur choix, se protéger et servir leur communauté”. Ghada Waly, formée aux Etats-Unis (Université du Colorado), a notamment participé en 2009 à l’élaboration d’un cadre règlementaire pour la microfinance en Egypte.

Le SFD égyptien se focalise sur les PME, tout en gardant les femmes parmi ses priorités, en organisant pour elles des programmes spécifiques. “Nous essayons d’identifier des services et des produits qui pourraient les aider, explique Ghada Waly. Nous travaillons sur les droits des femmes les plus élémentaires, en aidant les femmes sans papiers d’identité. Un papier très important pour l’accès au crédit. Certaines l’ont perdu, d’autres ne l’ont pas reçu de leurs parents. Nous les aidons auprès du ministère de l’Intérieur.”

Un autre aspect des programmes organisés par Ghada Waly, par ailleurs membre du Conseil national des femmes et de l’Agence de protection des consommateurs : lutter contre les résistances au changement et la pression sociale, en diffusant des vidéos qui montrent des exemples de succès pour le femmes entrepreneurs ayant eu accès à des crédits. Ces films sont diffusés le plus largement possible, l’objectif étant de les montrer aux jeunes égyptiennes, afin de les motiver. Les exemples de succès sont nombreux, souligne Ghada Waly : “Nous avons des femmes actives dans l’artisanat et les activités à domicile, d’autres qui ont des ateliers, de petites industries, des entreprises de restauration, de textile, de confection, de commerce de détail… Certaines exercent dans des secteurs peu habituels et sont des charpentiers, par exemple.”

Depuis la révolution et le départ de Hosni Moubarak du pouvoir, tout a changé en Egypte. “La révolution a changé l’attitude des jeunes, qui ont plus confiance en eux. Désormais, les hommes et les femmes ont le sentiment d’avoir voix au chapitre. Les femmes font la queue pour aller voter, il y a là une forme d’émancipation politique. Nous avons un débat sur la Constitution très sain, avec des vues différentes qui s’expriment”.

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