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Les échanges ont été animés  par Emmanuelle Bastide, journaliste à RFI. Sont intervenus Sandra Barlet, responsable de la thématique Services aux entreprises, Formation & Insertion professionnelles au Gret; Christian Fusillier, chef de projet senior au sein de la division Education et Formation professionnelle de l’AFD; André Gauron, consultant en formation professionnelle; Annick Huyghe Mauro, consultante associée au Gret; Régine Gillet Tchos, juriste-conseil en Politiques de l’emploi, Formation, Entrepreneuriat et RSE au sein de l’association Agir pour l’emploi des jeunes APEJ.

La société civile a contribué à la mise en place de dispositifs d’insertion en Afrique. Certains ont déjà été repris par les collectivités et/ou les Etats. Par exemple, le dispositif CAP Insertion en Mauritanie, initié par le GRET, s’ancre progressivement dans le pays, grâce à l’implication d’un Ministère et d’une collectivité (Barlet). Les conditions de réussite, de passage à l’échelle et de pérennisation de ces initiatives font encore débat. Il n’y pas de « modèle fixe » (Barlet). Mais à la lumière des enseignements tirés de ces dispositifs, quelques facteurs clés de succès se dessinent.

Accompagner les jeunes jusqu’à la création d’activité

On pourrait définir l’accompagnement comme étant « aider les jeunes à mobiliser les ressources qu’ils ont en eux, mais aussi leur apporter les ressources individuelles qui leur manquent » (Gauron). Au Cameroun par exemple, le programme AFOP (Appui à la Formation Professionnelle), dispositif innovant en cours d’expérimentation, essaye de résoudre des freins majeurs à l’insertion des jeunes agriculteurs : le foncier et l’accès à un crédit (Fusillier). Mais lever ces freins et former les jeunes n’est pas suffisant : il faut aussi les accompagner dans leur création d’activité car « le problème est le passage de la période où ils sont insérés dans un dispositif à l’installation de ces jeunes dans un emploi durable » (Gauron).

 

Mobiliser la grande variété d’acteurs publics et privés ancrés sur le territoire

Chacun des acteurs (les institutions locales ou nationales, les entreprises et leurs représentants, les jeunes et les structures de formation) a un rôle à jouer en matière d’insertion. « On ne peut pas ne pas agir sur cet ensemble » (Barlet). Favoriser le « travailler ensemble » est incontournable. « L’inadéquation emploi-formation tant décriée en Afrique est une conséquence directe de l’absence de culture du « travailler ensemble » des acteurs publics et privés du monde de l’éducation et de l’entreprise » (Gillet Tchos). Or, dans ce système d’acteurs, la société civile peut inspirer l’action publique ou être vue comme une potentielle opposante au pouvoir en place. Les pouvoirs publics en Afrique essaient de la tenir en marge de toute gestion sociale (Gillet Tchos). « Si on veut que la société civile puisse inspirer l’action publique, il faut alors que l’action publique respecte la société civile dans ses spécificités et son originalité » (B. Duriez, MFR).

L’implication des institutions est également clé pour que les acteurs locaux s’approprient les dispositifs et souhaitent les déployer. Il faut « dialoguer et négocier, avant et pendant l’action. Sinon, le dispositif de toute façon ne s’ancrera pas » (Barlet). Les collectivités locales peuvent jouer un rôle certain dans la mise en place des dispositifs (Gauron). S’appuyer sur les acteurs du territoire permet également d’élaborer des dispositifs adaptés au contexte local. «Les problématiques sont locales, les réponses doivent être locales » (Barlet).

 

Se doter d’outils d’évaluation

La méthodologie d’évaluation fait actuellement défaut (Gauron). « Tant que l’on manque d’outil qualitatif de mesure, on a du mal à justifier et à convaincre, y compris les pays eux-mêmes et le ministère des Finances, à inscrire au budget des États davantage de moyens en faveur de l’insertion » (Fusillier).

 

Mobiliser plus de ressources

Davantage de ressources financières doivent être mobilisées car ces dernières sont actuellement insuffisantes. «L’accompagnement coûte cher » (Gauron).

 

Intégrer la question de l’insertion au sein des politiques publiques existantes

La question de l’insertion doit être intégrée aux politiques existantes en matière d’emploi, d’éducation et de formation professionnelle. « Si l’on veut un changement d’échelle, il y a bien besoin d’un minimum de cadrage de politique, qui ne passe pas forcément par une politique spécifique liée à l’insertion ». (Fusillier). Enfin, la politique économique menée est déterminante. « Si on veut faire de l’insertion, il faut créer des emplois, et pour créer des emplois, cela renvoie à la croissance et donc, d’abord, à une politique macro-économique » (Gauron).

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