La coopération décentralisée a connu ces dernières années des évolutions significatives : développement de partenariats avec des collectivités territoriales asiatiques et latino-américaines, diversification des secteurs d’intervention, essor de partenariats pluri-acteurs… Aujourd’hui, ce sont 5000 collectivités françaises et 10 000 collectivités étrangères dans 147 pays qui mènent des actions en commun. Cette coopération se heurte toutefois à des difficultés : manque de mutualisation et coordination des actions, difficultés pour accéder à des financements… Quelles réalités recouvre la coopération décentralisée ? Quels sont les principaux enjeux ? Le sénateur Peyronnet, auteur d’un récent rapport, ouvrira la conférence en dressant un état des lieux de la coopération décentralisée. Se tiendra ensuite un débat avec le public sur la complémentarité des acteurs, l’efficacité et les moyens de la coopération décentralisée.

Organisateurs

Conférence débat, animée par Emmanuelle Bastide, journaliste à RFI

Avec :
Jean-Claude PEYRONNET, Sénateur de la Haute-Vienne
Corinne LAJARGE, Responsable du module « coopération décentralisée » au CIEDEL
Pierre SCHAPIRA, Adjoint au maire de Paris, chargé des relations internationales
Nicolas WIT, Directeur général adjoint de Cités Unies France
Louis-Jacques VAILLANT, Directeur exécutif du département des relations extérieures et partenariats de l’AFD

Les collectivités territoriales, des acteurs majeurs du développement ?

Date

jeudi 16 mai 2013

Heure

17h00 - 19h00

Lieu

Agence Française de Développement
5 rue Roland Barthes
75012 Paris

Les relations entre les collectivités françaises et du Sud se sont accentuées au cours des quinze dernières années. Elles s’articulent de plus en plus autour du transfert d’expertise. La coopération décentralisée est efficace car les actions répondent à des besoins exprimés par les partenaires du Sud (Vaillant) et s’appuient sur une expertise reconnue des collectivités françaises (Peyronnet, Vaillant). Elle pourrait atteindre de meilleurs résultats, notamment grâce une mutualisation des moyens humains et financiers (Peyronnet) et à meilleure coordination des acteurs (Peyronnet).

 

Renforcer la capacité des acteurs du sud à être des acteurs de leur propre développement

Confrontées à des problèmes d’urbanisme croissants, les collectivités du Sud sollicitent de plus en plus leurs homologues françaises. Elles travaillent ensemble pour résoudre des problématiques, tels que l’accès à l’eau, l’électricité ou encore l’assainissement. L’appui des collectivités du Nord est d’autant plus essentiel que le dispositif de coopération français se limite désormais à des outils financiers (MAE et AFD), l’assistance technique sur le terrain ayant largement disparu (Vaillant).

En menant des actions de coopération, les acteurs du Nord souhaitent que leurs partenaires du Sud deviennent « des acteurs de leur propre développement » (Peyonnet). L’implication des acteurs du Sud est devenue réelle (Peyronnet). Des actions visant le transfert de compétences entre les fonctionnaires du Nord et du Sud sont menées : « nous sommes toujours très ouverts à ce que des fonctionnaires de villes du Sud viennent travailler ici pour acquérir les compétences qu’ils recherchent » (Schapira).

 

Innover pour augmenter les sources de financement

Accéder aux fonds dédiés à la coopération est un exercice nouveau et difficile pour les collectivités françaises (Schapira). Leurs financements reposent essentiellement sur ce qu’ « elles décident politiquement de dédier à l’action internationale » (Schapira). Pour les augmenter, elles devraient faire preuve d’innovation, par exemple en étendant le 1% de la loi Oudin-Santini aux secteurs des déchets ou des transports (Peyronnet).

 

Travailler ensemble et se coordonner pour mieux agir

En matière de coopération, les collectivités n’ont pas les moyens de leurs ambitions et ne peuvent répondre à toutes les demandes (Schapira). Elles ont donc compris leur intérêt à travailler ensemble (Wit) et avec d’autres acteurs, tels que l’AFD (Schapira). De plus, les ressources des collectivités consacrées à l’international sont modestes au regard d’autres sources, tels que l’aide au développement ou des fonds des diasporas. L’enjeu est donc d’articuler leurs actions avec ces financements plus conséquents (Wit). Collectivités et ONG travaillent déjà ensemble : la ville de Paris consacre 60 % de son budget consacré à l’international aux ONG (Schapira). Arriver à « co-construire » davantage, à l’instar des Programmes Concertés Pluri-Acteurs, est une évolution souhaitable (Lajarge).

Plus de coordination entre les acteurs français serait également facteur d’efficience. Cette coordination pourrait s’articuler autour de l’Ambassade (Peyronnet). Toutefois, la dimension politique de la coopération est un frein à cette nécessaire coordination (Peyronnet).

 

Convaincre le citoyen du Nord de l’intérêt de mener des actions de coopération

Dans un contexte de crise, il est devenu plus difficile de convaincre le contribuable de l’intérêt de la coopération décentralisée. Ainsi, pour continuer à jouer un rôle majeur dans le développement, les collectivités françaises, comme tout acteur du développement, doivent construire un argumentaire sur la complémentarité entre le développement du Nord et du Sud (Wit, Lajarge).

 

Partager cet événement

Sur le même thème

Je m'inscris à la newsletter ID4D

Une fois par semaine, je suis informé(e) des nouvelles parutions sur le blog!

Agenda