Sources de savoirs, les plateformes numériques peuvent aussi contribuer à construire des trajectoires de développement durable grâce au levier de l’apprentissage, dans le respect de l’Accord de Paris.

Photo: Robyn Beck / AFP
Photo: Robyn Beck / AFP

La crise du coronavirus éveille ou amplifie la conscience d’un monde nouveau, imprévisible et volatil. En quête de solutions sanitaires, économiques ou sociales – entre autres enjeux –, un credo est venu battre en brèche nos certitudes : à distance des autres mais ensemble, nous devons réapprendre à apprendre, dans tous les domaines. Cette lutte individuelle et collective confère à la Journée internationale de l’accès universel à l’information du 28 septembre une dimension inédite.

 

La crise sanitaire souligne le rôle clé des plateformes numériques

Si la nature a horreur du vide, l’être humain a, lui, horreur de l’inconnu. À l’épreuve du coronavirus, nous nous évertuons à appréhender une situation sans précédent en nous informant sans relâche, revêtant souvent nous-mêmes des habits de chercheurs-explorateurs. Avides des connaissances qui nous sont indispensables pour nous adapter à une situation dont l’issue est imprédictible, nous apprenons à tâtons de nouveaux modes de vie. Plus que la simple somme de comportements individuels, ce réflexe donne lieu à un vaste processus d’apprentissage en commun qui a mis en avant le rôle clé des plateformes numériques.

 

 

Ces plateformes permettent d’abord à cette immense démarche exploratoire de ne se limiter à aucun cadre sectoriel, scientifique, thématique ou social. Le chemin heuristique spontanément collaboratif que nous empruntons les uns les autres recouvre en effet tous les champs de la vie. Nous réapprenons simultanément à préserver notre santé dans la contagiosité d’une pathologie, à nous divertir dans la distanciation physique, à produire dans l’absolue sécurité, à interroger nos pratiques sociales les plus anciennes.

 

Les plateformes numériques, diffuseurs exigeants de savoirs et de l’information

Dans ces circonstances exceptionnelles, les plateformes favorisent la diffusion de la connaissance par une construction des savoirs et un partage de l’information qui ne résultent ni d’une hiérarchie ni d’un monopole. Qui eût cru, comme cela a été le cas en Afrique par exemple, que les artistes contribueraient, par les paroles de chansons, à diffuser des méthodes de prévention de l’infection au Covid-19 ? Qui eût cru que l’intelligence collective des « makers » pourrait produire plus vite et moins cher des équipements essentiels à la réanimation des patients et à la protection des soignants ? Qui eût cru qu’il serait possible de mettre en avant sur Internet les contenus recommandés par l’OMS pour faire face à l’infodémie qui accompagne la pandémie ?

Nombre de plateformes, créées par des institutions reconnues pour leur expertise, ont aussi été gages de qualité. Car le partage des savoirs doit naturellement être assorti de cette exigence. C’est là une condition sine qua non pour tirer le meilleur parti de la disponibilité des connaissances tout en opérant un tri sélectif par lequel nous identifions les contenus les plus construits et les experts les plus rigoureux, sans céder aux désinformations trop vite diffusées sur les réseaux sociaux.

 

Les plateformes numériques au service des Objectifs du développement durable

Les plateformes numériques peuvent aussi contribuer à ce que chacun et chacune prenne pleinement conscience des limites de nos modèles de développement, lesquels mettent en péril la planète comme ses habitants en reléguant au second plan les principes de solidarité et de soutenabilité.

À dix ans de la cible 2030 des Objectifs de développement durable (ODD) par lesquels la communauté internationale a fixé, en 2015 – année de l’Accord de Paris –, le cadre universel d’une transition juste, les enseignements de la crise du coronavirus peuvent guider notre réflexion sur le rôle essentiel de ce que nous apprenons et sur la manière dont nous apprenons.

À l’aune des grands enjeux de développement du XXIe siècle qui marque une ère nouvelle, notamment du point de vue climatique et social, un rééquilibrage de l’apprentissage doit s’opérer au profit de ce qu’Aristote appelle la phronesis : l’éthique de l’action.

 

Pour l’apprentissage en commun, promouvoir des dispositifs innovants

Pour ce faire, appuyons-nous sur cet élan numérique pour construire des trajectoires de développement qui interrogent d’abord l’impact de ce que l’on fait à la fois sur soi-même, les autres et notre environnement. Cela requiert de continuer à revoir nos pratiques telles que nous avons commencé à le faire pendant le confinement : nous avons besoin de collaborer pour penser plus juste, nous avons besoin de chercher ensemble, dans l’ouverture au non-académique, nous avons besoin d’apprendre autrement, en dialoguant et en questionnant les savoirs.

Dans cette direction, il nous faut promouvoir des dispositifs innovants qui servent de creuset à la recherche et à la transmission au service des ODD. C’est le sens de l’engagement partagé par le Centre de recherches interdisciplinaires (CRI) et le groupe Agence française de développement (AFD) au service de l’intelligence collective qui doit être mobilisée, à toutes les échelles, dans une salle de classe, une entreprise ou sur des portails numériques. C’est l’objet de la plateforme Edflex AFD qui regroupe plus de 400 ressources à destination des acteurs du développement et du grand public ou des initiatives #learningplanet et opencovid.care mobilisant l’intelligence collective.

Le coronavirus frappe les corps et les consciences. Il nous rappelle que nous vivons dans un monde en commun et qu’il nous faut agir, ensemble, pour une planète apprenante afin de se préparer aux grandes mutations déjà à l’œuvre.

 

 

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

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