Rajendra Pachauri
Rajendra Pachauri

Les 18 derniers mois ont connu une amélioration notable de la compréhension du public au sujet du changement climatique et en particulier du rôle des activités humaines dans les modifications du système climatique planétaire. Toutefois, cette prise de conscience ne s’est toujours pas traduite, au niveau global, par des actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), dont la hausse des concentrations est responsable des modifications croissantes du climat. Les impacts du changement climatique se font le plus cruellement sentir parmi certaines des sociétés les plus pauvres de la planète.

Pour cette raison, et bien d’autres, l’humanité se doit de porter une attention particulière aux disparités croissantes de revenus et de richesses qui existent à travers le globe, et ce d’autant plus que les flux d’information sont désormais instantanés et universels. En effet, non seulement les moins privilégiés ont la possibilité de se rendre compte de l’opulence qui existe dans certaines parties du monde, mais ceux-ci peuvent constater ce qu’ils perçoivent comme des modes de vie luxueux au travers des images télévisées montrant les classes les plus riches de certains pays. Ces images nourrissent des aspirations et des désirs ardents pour un niveau de consommation similaire, ainsi que de vastes frustrations, voire de la colère. Les esprits les plus mal intentionnés profitent souvent de cette colère pour faire émerger des mouvements dirigés vers la destruction et notamment le terrorisme.

Comme le montre clairement le quatrième rapport d’évaluation du Groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le changement climatique exacerbe les problèmes déjà sérieux d’accès à l’eau, de famine et de mauvaise santé qui sévissent inlassablement dans de nombreuses parties du monde. Le quatrième rapport du GIEC prévoit que dès 2020, entre 75 et 250 millions d’Africains souffriront du manque d’eau directement provoqué par le changement climatique. Dans certains pays d’Afrique, les récoltes pourraient baisser de 50 % d’ici à 2020. Il est à noter que ces conditions représenteraient une intensification des difficultés extrêmes que connaissent déjà plusieurs pays du fait de la montée abrupte du prix des denrées alimentaires et du déséquilibre croissant entre la demande et l’offre globales de produits alimentaires.

Si nous souhaitons éviter ces conséquences nuisibles du changement climatique et les sérieuses menaces à la paix et à la stabilité qui en émergeraient, il nous faut réduire de manière urgente les émissions de GES, en particulier dans les pays développés, comme il est clairement établi dans la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC). Une autre raison majeure justifiant des actions d’atténuation des GES concerne les nombreux co-bénéfices qui en résulteraient, comme de moindres niveaux de pollution améliorant la santé publique, un plus large degré de sécurité énergétique ainsi que des créations d’emplois grâce, par exemple, à une utilisation accrue de systèmes décentralisés d’énergies renouvelables. L’inertie et l’opposition auxquelles font face ces mesures doivent être combattues urgemment. C’est ici que la sensibilisation de l’opinion publique aux réalités du changement climatique, et la demande d’action qui en découlerait dans les systèmes de gouvernement démocratique, peuvent faire la différence.

Photo © Sara Galbiati

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