La Conférence des Nations-Unies qui se réunit à Rio pour le 20ème anniversaire de la Conférence de la Terre débouchera sans doute sur une série de recommandations générales, formules permettant de s’accorder sur quelques grands objectifs sans entrer dans le détail du mode opératoire.

Ce rendez-vous est néanmoins primordial et l’esprit de Rio doit continuer à nous aider à relever tous ensemble les défis qui se dressent devant nous tous.

Si cette conférence s’inscrit dans un contexte bien différent de celle de 1992, elle reste marquée par la même question fondamentale : comment concilier la préservation de notre planète avec le développement économique et social, notamment celui des pays du sud ?

Destiné à créer un terrain d’entente entre tous les pays autour des menaces pesant sur l’environnement, le concept de développement durable est compliqué a manier, difficile à objectiver et mesurer. Cependant, de nombreux exemples sur le terrain montrent que des actions peuvent à la fois contribuer au développement économique et à la préservation de l’environnement. Et vouloir faire l’un sans l’autre mène à une impasse.

L’idée qui sera discutée à Rio de s’accorder sur des objectifs de développement durable traduirait la capacité des gouvernements de notre planète, de la gouvernance mondiale, à identifier quelques objectifs universels emblématiques de ce nouveau paradigme, comme ils l’ont fait en 2000 en matière de lutte contre la pauvreté avec les objectifs du millénaire pour le développement.

Que signifie le développement durable pour une institution comme l’Agence Française de Développement ? C’est en premier lieu minimiser et compenser les impacts négatifs sur l’environnement des projets financés par nos soins. Cela implique une politique systématique et rigoureuse d’évaluation de ces impacts et, lorsqu’ils sont jugés excessivement négatifs ou mal maîtrisés, de renoncer à agir. Nous devons également être à l’écoute des attentes de la société civile, de ses différents acteurs, grands comme petits.

C’est également privilégier les actions qui ont des conséquences environnementales et sociales positives. Cela peut prendre de multiples facettes : promouvoir une agriculture économe en eau autour du fleuve Sénégal, accroître l’accès à l’électricité dans des zones rurales marocaines, augmenter le recours à la géothermie au Kenya ou en Indonésie, favoriser le recours au biogaz dans le Sichuan, en Chine, mettre en œuvre des pratiques de labour qui restaurent la richesse des sols à Madagascar, soutenir une croissance sobre en carbone au Vietnam, ou appuyer la ville de Medellín en Colombie dans une urbanisation axée sur le décloisonnement des quartiers pauvres…  Au total, en 2011, ce sont près de 3,8Mds€ que l’Agence a mis en place pour financer le développement durable.

Il convient d’avoir une approche différenciée,  tenant compte du niveau de richesse des pays. Dans les pays les plus pauvres, en Afrique subsaharienne en particulier, la gestion durable des ressources naturelles est un levier d’action fondamental. Il faudra valoriser le formidable potentiel hydroélectrique du continent et renforcer ses infrastructures ferroviaires. Dans les pays à revenus intermédiaires, au Maghreb par exemple, l’accent sera davantage mis sur la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et un développement plus équilibré du territoire. Cela passe notamment par le renforcement des moyens de production électrique en solaire ou en éolien. Dans les pays émergents, la priorité est l’appui aux politiques publiques mobilisant l’expertise française, notamment sur le climat. Sur ce sujet, l’AFD s’est dotée d’une stratégie ambitieuse, avec l’objectif que 50% de ses financements aient un impact positif pour le climat, pour en limiter les causes ou pour mieux s’y adapter.

Ne nous laissons par décourager par les lenteurs de la négociation internationale : le développement durable est un enjeu majeur pour notre planète. Dans ces discussions, les pays du sud jouent chaque jour un rôle plus important. Les aider, les accompagner, nous permet de contribuer à rapprocher les points de vue et à donner un contenu concret au principe de « responsabilité commune » consacré à Rio il y a 20 ans.

Pour en savoir plus sur Rio+20 http://rio.afd.fr

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