Si la variole a été éradiquée, si la polio est en passe de l’être et si la mortalité infantile a diminué de moitié depuis 1990, c’est bien grâce à la vaccination ! Bien que son impact ait été démontré, un enfant sur cinq ne reçoit toujours pas tous les vaccins, y compris les plus essentiels, ce qui entraîne 1,5 million de décès chez les moins de cinq ans chaque année. Souvent pour des questions d’accès aux vaccins et de coût.

© Gavi/Phil Moore - Democratic Republic of Congo
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Vacciner, une des interventions les plus rentables au monde en matière de santé

Les gouvernements des pays pauvres considèrent parfois que l’argent investit dans les programmes de vaccination pourrait être « mieux » investi ailleurs. Pourtant, selon les dernières recherches disponibles, chaque dollar consacré à la vaccination infantile représente un investissement qui permet de réaliser un gain immédiat de 16 $  de frais médicaux évités.

Si l’on chiffre l’impact économique et social de manière plus large, le montant passe à 44 $Ce retour sur investissement est supérieur à celui de l’infrastructure publique, de l’éducation préscolaire et du recours aux agents de santé communautaires réunis. Car un enfant en bonne santé nécessite moins de soins et de traitements. Accroître la couverture vaccinale infantile aide donc à stimuler l’économie nationale. Un choix qui n’est donc pas uniquement financier, il est éminemment politique puisqu’il en va de l’avenir des enfants d’un pays et du futur d’une nation.

C’est ce qu’ont démontré le Rwanda, le Sénégal ou la Tanzanie, des pays où les taux de vaccination avec les vaccins de base dépassent les 90%, comme le recommande  plan mondial d’action pour les vaccins de l’Organisation Mondiale de la Santé. Ces pays ont investi leurs ressources financières, humaines en faveur de la vaccination. Ils ont effectué des choix politiques en faveur de la santé des populations.

L’accessibilité financière, une question d’équité

Il est certain que le coût de la vaccination complète d’un enfant est plus élevé aujourd’hui, comparé à la fin des années 90. Rien de surprenant puisque le nombre total de vaccins recommandés pour tous les enfants a plus que doublé. En outre, les vaccins « de pointe » sont bien plus perfectionnés, notamment ceux qui protègent contre les principales causes de mortalité infantile, la pneumonie et la diarrhée, et les vaccins qui protègent des cancers, celui du col de l’utérus, qui n’existaient pas auparavant. Ces vaccins extrêmement complexes sont identiques à ceux dont bénéficie la population des pays riches. Alors que la vaccination complète d’un enfant coûte plus de 930 $ aux États-Unis, les enfants des pays pauvres peuvent recevoir ces mêmes vaccins pour un prix inférieur à 30 $. Ceci est notamment lié à l’achat de vaccins pour le compte des 73 pays les plus pauvres au monde par Gavi avec le soutien de ses donateurs et notamment la France. Ceci a permis de contribuer à réduire la facture, parfois de plus de 90 %. Un prix bas pour les pays pauvres, une question d’équité.

Accès universel à la vaccination, l’objectif

Il y a quelques semaines à Addis Abeba, en Ethiopie, les ministres de la santé africains signaient une déclaration s’engageant à « continuer d’investir dans des programmes de vaccination et à promouvoir un avenir sain pour toutes les populations du continent africain. » Cet engagement est capital car la vaccination est fondamentale pour réduire la mortalité infantile et aider les pays à atteindre leurs objectifs en matière de santé, d’économie et de développement.

Les générations futures des pays pauvres doivent pouvoir disposer des tout derniers vaccins de manière durable et équitable, quel que soit leur origine, leur sexe ou leur lieu de résidence, y compris dans les pays à faibles revenus. Pour ces derniers, les gouvernements doivent mettre en place des programmes pérennes de vaccination et plus largement de santé, tout d’abord avec le soutien de partenaires (donateurs, organisations internationales et secteur privés), puis ces programmes doivent être financés sur les budgets nationaux. Cela signifie renforcer les systèmes de santé, former les personnels, moderniser la chaîne du froid, acheter les vaccins et réfrigérateurs, renforcer la coordination avec les organisations de la société civile ou encore renforcer la surveillance.

La vaccination doit ainsi devenir une ligne budgétaire claire au sein du budget national et être intégrée dans l’ensemble des interventions de santé accessible à tous. Sans cette condition, une fois sortis du statut de pays à faible revenus, les programmes de vaccination risquent de péricliter.

La vaccination fait partie intégrante d’un ensemble universel d’interventions qui sont les fondements d’un système de santé équitable. En Europe, des maladies oubliées ressurgissent, dans les pays en développement elles déciment des communautés alors que nous avons les outils pour les éviter.

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

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