Tamsy Barton
Tamsy Barton

Lors des Journées européennes du développement (JED), les 16 et 17 octobre à Bruxelles, Tamsyn Barton a participé à une table-ronde sur le rôle du secteur privé pour une croissance durable. Son message: “En mélangeant les prêts et les subventions et en invitant le secteur privé, on peut utiliser l’argent des contribuables européens de manière plus efficace. Sans le secteur privé, on ne pourra pas relever les défis des trente prochaines années.”

Tamsyn Barton, une spécialiste du développement (diplômée de l’Université d’East Anglia), est aussi docteur en histoire ancienne (Cambridge) et spécialiste d’anthropologie sociale (Ecole des études orientales et africaines de l’Université de Londres). Elle a fait carrière au sein de plusieurs ONG en Inde (1993-97), avant de rejoindre l’ONG britannique Intermediate Technology Development Group (ITDG), puis en 2001 l’agence de coopération internationale britannique, Department for International Development (DFID), dont elle a été la directrice du département européen. Elle a été nommée en 2007 au conseil d’administration de la Banque européenne de développement (BEI), où elle acquis une vue encore plus générale des problématiques du développement.

A son avis, le principal handicap pour les entreprises privées soucieuses de leur responsabilité sociale tient à la dispersion des interlocuteurs. “Le secteur privé ne sait pas à qui parler, souligne Tamsyn Barton. Il n’existe pas de guichet unique pour parler de développement”. Seconde entrave à l’engagement du privé dans des projets de développement: le facteur risque, qui paraît trop élevé. “Il faut souvent procéder par la démonstration, en prenant pour exemple un projet pionnier, pour montrer aux groupes privés que cela vaut la peine de prendre le risque”, explique-t-elle. L’un des rôles de la BEI consiste d’ailleurs à diminuer le risque, en ayant recours à des garanties ou des prêts pour mettre en place une assistance technique.

Un exemple que Tamsyn Barton aime bien citer : Cabeolica, le premier partenariat public-privé (PPP) jamais organisé dans le domaine de l’énergie renouvelable en Afrique, avec des parcs d’éoliennes dans l’archipel du Cap-Vert. “Le projet a fait l’objet d’une structure complexe, mais cela a permis au secteur privé, une société danoise en l’occurrence, de prendre le risque. Cela n’aurait pas été possible sans le PPP”. Le PPP, conclu en 2010, porte sur la construction de quatre parcs éoliens à travers l’archipel, pour un montant de 65 millions d’euros. L’installation d’une puissance initiale de 28 mégawatts (MW), des turbines fabriquées par le groupe danois Vestas, vise à satisfaire 25% de la demande nationale en 2012 et 50% en 2020.

Ce PPP a été conclu en 2010 entre le gouvernement du Cap-Vert, la société nationale d’électricité (Electra), Africa Finance Corporation (AFC), Finnfund et Infraco, une entité privée composée de mécènes internationaux, dont la BEI (qui a financé le projet à hauteur de 30 millions d’euros) et la Banque africaine de développement (BAD, 15 millions d’euros).

Pour Tamsyn Barton, le principal défi en Afrique consiste à “en finir avec la pauvreté” tout en tenant compte des changements climatiques, par nature imprévisibles. “Voilà pourquoi un projet d’éoliennes comme celui du Cap-Vert peut résoudre bien des problèmes: l’accès à l’énergie au niveau local et moins d’émissions de carbone au niveau global. »

Photo © European Union

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