Peu cher, solide, léger, le plastique a changé nos manières de consommer et de vivre. Pourtant, même s’ils sont pratiques, 50 % des objets en plastique sont à usage unique et, au Nord comme au Sud, on ne se débarrasse jamais vraiment des déchets plastiques.

Le plastique, c’est fantastique

Chaque minute, dans le monde, un million de bouteilles en plastique sont vendues. Tous les jours, les Américains utilisent à eux seuls 500 millions de pailles jetables. Et chaque année, cinq mille milliards de sacs en plastique sont utilisés sur la planète.

Depuis les années 1950, la logique d’économie linéaire exploiter-fabriquer-jeter est devenue monnaie courante. Conséquence directe de ce nouveau paradigme de production et de consommation, la quantité de déchets plastiques non recyclables est devenue massive. 9 % seulement du plastique est aujourd’hui recyclé. Le reste est incinéré ou enfoui, ou finit sur le septième continent, celui qui flotte sur l’océan Pacifique, ou encore est ingéré par les poissons et les animaux marins. Pour le directeur du Programme des Nations unies pour l’environnement, Erik Solheim, ce n’est plus tolérable : « nous rejetons chaque mois près d’un million de tonnes de plastique dans les océans. Il faut ramener ça à zéro. » Les Nations unies ont d’ailleurs fait de la fin de la pollution au plastique le mot d’ordre de la Journée mondiale de l’environnement 2018.

Sur les plages, dans les oiseaux et même jusque dans l’air que nous respirons, la pollution des écosystèmes et de l’environnement par les déchets plastiques est massive. Accélérée par l’augmentation de la population mondiale, elle l’est aussi par la croissance des pays émergents et en développement. Au fur et à mesure que leur niveau de vie et de consommation progresse, ces derniers adoptent les comportements des pays développés et consomment de plus en plus de bouteilles et d’emballages en plastique. Cette demande est un moteur fort de la production de plastique dans le monde : entre 1990 et 2017, la demande mondiale a augmenté de 4,7 % par an, soit quatre fois plus vite que la croissance de la population.

 

 

Agir contre le plastique

Si le problème est une véritable montagne, la prise de conscience est générale. De plus en plus d’associations sonnent régulièrement l’alerte sur la surutilisation des plastiques et leur volatilisation dans la nature. Les médias se font les porte-voix de leurs actions et s’emparent du sujet pour dénoncer les producteurs qui privilégient le plastique au détriment d’emballages ou de contenants durables réutilisables comme le verre. Les déchets plastiques deviennent une matière première pour les artistes alarmés.

Dans les pays développés, la tendance est au zéro déchet chez les consommateurs engagés et la vente en vrac a de beaux jours devant elle. Dans les pays émergents et en développement, la préoccupation est grande face aux amoncellements de plastiques, parfois même venus d’ailleurs. Mais alors que le monde « occidental » découvre les ressourceries, les habitants des quartiers informels connaissent depuis longtemps le besoin de prolonger la vie des matériaux, ce qui les conduit à développer des formes d’économie circulaire. Par essence, les collecteurs informels de déchets sont souvent récupérateurs. Si la réutilisation est un des moyens de donner une seconde vie au plastique, le recyclage en est une autre. C’est ce que pensent par exemple les deux fondateurs de Bin2Barrel, entreprise qui collecte des déchets plastiques non recyclables pour les transformer en carburant pour cargos.

 

Une seule solution : dire non

Reste que la prolongation de la vie des objets en plastique ou leur recyclage plus complet ne résoudront pas le problème. Car le meilleur déchet est bien celui qu’on ne produit pas. Les alternatives au plastique comme les brosses à dents 100 % biodégradables ou les emballages en tissu sont bien une partie de la solution pour les consommateurs du monde entier. Pourtant, comme le rappelle régulièrement l’association Zero Waste, seule la volonté politique permettra la mise en œuvre de scénario zéro déchet à grande échelle. La ville de Londres a interdit les pailles, San Francisco a carrément banni les bouteilles en plastique, l’Inde quant à elle s’est engagée à éliminer les plastiques à usage unique d’ici 2022 et en a fait une grande cause nationale. Mais États et collectivités ne sont toujours pas assez nombreux à prendre des engagements politiques fermes pour débarrasser le monde du plastique et à choisir la planète.

 

 

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

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