Le sixième Forum mondial de l’eau s’est terminé le 17 mars à Marseille sur une déclaration commune axée sur des solutions. Première priorité: faire de l’accès à l’eau, reconnu en juillet 2010 comme un droit de l’Homme par l’Organisation des Nations unies (ONU), un droit respecté dans les faits. Quarante pays seulement l’ont inscrit dans leur Constitution.

Du coup, les 84 ministres responsables des ressources hydrauliques présents à Marseille ont appelé à une meilleure reconnaissance de ce droit. Deux autres grandes priorités ont été dégagées: économiser l’eau à grande échelle et mieux gérer cette ressource, menacée par le changement climatique.

L’Afrique et les pays du Sud étaient largement représentés à Marseille. La réussite de la desserte en eau de la ville de Phnom Penh, la capitale du Cambodge, a été une fois de plus citée en exemple. Pour les Africains, la première priorité consiste à atteindre l’Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) sur l’accès à l’eau et à l’assainissement. Les pays du Sahel, notamment, ont réaffirmé leur volonté ferme d’atteindre ces objectifs d’ici 2015. Pour y parvenir, une ville comme Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, entend doubler sa production d’eau dans les trois ans qui viennent.

Quatre pays, le Niger, le Mali, le Burkina Faso et le Tchad, se sont engagés à gérer de manière transfrontalière le bassin du fleuve Niger, pour lutter contre son assèchement et sa pollution. Autres instruments de choix: l’Initiative pour l’alimentation en eau et l’assainissement en milieu rural (IAEAR), lancée en 2003, ainsi que la Facilité africaine de l’eau (FAE), lancée en 2006 par la Banque africaine de développement (BAD). Pour la première fois, plusieurs pays africains tels que le Niger, le Tchad et la Côte d’Ivoire se sont engagés eux-mêmes pour financer ce fonds spécial. L’objectif: relancer l’intérêt des bailleurs de fonds. “Un changement très important qui voit les pays bénéficiaires devenir des donateurs”, a souligné Michel Camdessus, l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

“A chaque dollar que vous investissez dans l’eau, vous pouvez obtenir 6 à 12 dollars de revenus”, a insisté Bai-Mass Taal, le secrétaire exécutif du Conseil de l’eau des ministres africains (AMCOW), appelant à plus d’initiatives publiques et privées en Afrique. Et de citer en exemple le Lesotho Highlands Water Project (LHWP), qui voit l’Afrique du Sud et le Lesotho investir massivement dans le plus grand système d’alimentation en eau en chantier sur le continent, avec plusieurs barrages et canalisations entre les deux pays.

Parmi les annonces importantes faites au Forum mondial de l’eau, l’intention de la société d’électricité française EDF de calculer l’empreinte eau de sa production d’énergie. Le refroidissement de ses 58 réacteurs nucléaires, en France, fait de cette entreprise le premier consommateur d’eau du pays. Des élèves du Lycée Marseille Veyre se sont engagés à servir de “chiens de garde” pour que leur entourage pratique les économies d’eau. Un forum alternatif, qui s’est déroulé aux Docks Sud de Marseille, a pour sa part appelé à ne plus considérer l’eau comme une marchandise, et réclamé l’instauration d’un Tribunal international pour l’eau, sur le modèle de la Cour pénale internationale (CPI). Le prochain Forum mondial de l’eau, qui se déroulera en 2015 à Daegu, en Corée du Sud, dressera le bilan de l’OMD sur l’eau et l’assainissement, pour poser les jalons suivants.

 

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