La quantité totale de déchets produits par les villes devrait augmenter de 69 % d’ici à 2025. La gestion des déchets urbains est un défi majeur et une opportunité incontournable pour l’établissement de villes durables.

Baptiste Flipo
Baptiste Flipo

La gestion des déchets urbains est une problématique aux implications à la fois locales et globales. Selon une étude de la Banque mondiale publiée en juin 2012, la quantité totale de déchets produits par les villes devrait augmenter de 69 % d’ici à 2025, davantage encore dans les pays du Sud, qui disposent souvent de moyens financiers limités. Cette équation implique de nombreux défis pour l’établissement de villes durables, mais offre également de nombreuses opportunités.

Pour des villes durables, réorganiser la filière de gestion des déchets urbains

L’un des premiers défis dans la gestion des déchets urbains est l’organisation de la filière. Celle-ci implique de nombreux acteurs publics et privés et demande une forte cohésion entre eux par l’établissement de politiques fortes. Différents schémas sont mis en œuvre par les municipalités : optimisation des circuits de collecte de déchets, gestion autonome de la collecte, délégation de la gestion de la collecte à des acteurs privés, valorisation matière ou énergétique, etc. Toutes ces actions s’intègrent plus généralement aux plans d’urbanisme locaux, et leur réalisation demande une forte implication tant des décideurs politiques que des populations locales. Ainsi, la gestion des déchets oblige à un double objectif de résultat et d’efficacité. En effet, la déficience du service de collecte de déchets génère inévitablement toutes sortes de désagréments directement visibles dans les villes : formation de décharges sauvages, développement de maladies, pollution locale, etc.

 


 

Dans cette filière, le secteur informel, composé de travailleurs non déclarés, joue un rôle non négligeable dans la gestion des déchets urbains et notamment pour leur recyclage. Ainsi d’après G. Van Kote (Le Monde – 31 aout 2012), « 2 % de la population de ces villes, soit environ 15 millions de personnes, vivrait de ces activités informelles (…) les performances de recyclage affichées par le secteur informel n’auraient pas à rougir d’une comparaison avec celles des systèmes coûteux et sophistiqués mis en place dans les pays occidentaux. Selon une étude publiée en 2008 sous la direction de David Wilson, ces taux de recyclage dans les villes du Sud se situeraient souvent entre 20 % et 50 %, un résultat dans lequel le secteur formel joue généralement un rôle marginal, voire nul. »

 


 

Soutenir les initiatives privées innovantes et les acteurs locaux

Ce potentiel de recyclage laisse place également à des initiatives privées. Le compostage est une alternative très intéressante compte tenu, notamment, de la part importante des matières organiques dans les déchets urbains des pays en développement. D’une part, il permet de fournir un amendement organique pour le développement de l’agriculture périurbaine locale, d’autre part, il permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à la décomposition des déchets. Enfin, le tri et le compostage des déchets impliquent la création d’emplois locaux.

Etc Terra en collaboration avec la fondation GoodPlanet, l’association Gevalor et des acteurs africains de la société civile développent ce type d’initiatives avec plusieurs partenaires locaux. Généralement, la vente de produits issus du recyclage des déchets urbains ne permet pas d’assurer, à elle seule, la viabilité économique des activités sur le long terme : le recours à d’autres sources innovantes de financement (comme la finance carbone) permet de pérenniser ces actions de compostage.

 


 

Par ailleurs, les acteurs locaux font souvent preuve d’une grande inventivité pour faire des déchets urbains de nouvelles ressources et construire des villes plus durables : fabrication de pavés à base de plastique recyclé, valorisation des papiers et cartons en briquettes combustibles, recyclage du verre, des déchets d’abattoir, etc. Ces actions souvent très locales peinent cependant à trouver un écho à plus grande échelle faute de moyens, d’implication politique, de réelle capitalisation ou de difficulté à développer de nouveaux marchés.

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