Lieu de concentration de la moitié de la population mondiale et de l’essentiel des activités économiques, les villes sont fortement consommatrices d’énergie et émettrices d’émissions de gaz à effet de serre. Si, aujourd’hui, l’importance d’un développement urbain respectueux de l’environnement est largement admise par les responsables locaux, la prise en compte des enjeux climat par les collectivités locales reste un défi. Comment concilier résilience urbaine, sobriété de la ville, et lutte contre la pauvreté ? Comment établir une stratégie climat locale qui prennent en compte les enjeux sociaux, tels que le développement des quartiers informels ou défavorisés ? Ces questions ont été débattues à l’Agence Française de Développement.

Organisateurs

Lieu de concentration de la moitié de la population mondiale et de l’essentiel des activités économiques, les villes sont fortement consommatrices d’énergie et émettrices d’émissions de gaz à effet de serre. Si, aujourd’hui, l’importance d’un développement urbain respectueux de l’environnement est largement admise par les responsables locaux, la prise en compte des enjeux climat  par les collectivités locales reste un défi.

Or, elles sont de plus en plus reconnues comme des acteurs pouvant apporter des solutions d’atténuation ou d’adaptation  à une échelle locale (plus) maitrisable et opérationnelle : ces réponses répondent aux problématiques de vulnérabilité des villes au changement climatique et à la localisation dans leurs aires urbaines de nombreuses activités génératrices de GES. Néanmoins, les responsables politiques locaux des pays en développement perçoivent souvent les enjeux liés au climat comme secondaires par rapport aux enjeux de développement socio-économique de leur territoire.

Comment concilier résilience urbaine, sobriété de la ville, et lutte contre la pauvreté ? Comment établir une stratégie climat locale qui prennent en compte les enjeux sociaux, tels que le développement des quartiers informels ou défavorisés? A l’inverse, quels outils peuvent être utilisés afin d’intégrer les enjeux climatiques dans les stratégies de développement urbain ? Enfin, en évitant les dérives d’une stratégie climat techniciste et systématique, comment intégrer la notion de développement différencié selon les quartiers et d’exemplarité des populations les plus aisées ?

Social vs Climat : les villes peuvent-elles choisir ?

Date

mardi 28 janvier 2014

Heure

17h00 - 19h00

Lieu

Agence Française de Développement
5 rue Roland Barthes
75012 Paris

La conférence-débat sera animée par Emmanuelle Bastide, journaliste à RFI, et introduite par Anne Paugam, directrice générale de l’Agence Française de Développement

Interviendront :

  • Dominique Voynet, maire de Montreuil
  • Julien Damon, sociologue et professeur associé au master d’urbanisme à Sciences Po Paris
  • Olivier Decherf, directeur général d’Enviroconsult
  • Anne Odic, responsable thématique villes émergentes et développement durable à l’AFD

Les échanges ont été animés par Anne-Cécile Bras, journaliste à RFI.. Anne Paugam, directrice générale de l’Agence Française de Développement a ouvert la conférence.

Sont intervenus Julien Damon, sociologue, professeur associé au Master d’urbanisme à Sciences Po Paris et membre du conseil national des luttes contre la pauvreté et l’exclusion socialeOlivier Decherf, directeur général d’EnviroconsultAnne Odic, responsable thématique villes émergentes et climat à l’Agence Française de Développement; Dominique Voynet, maire de Montreuil; Víctor Hugo Arredondo Juárez, directeur général de l’environnement pour la ville de Tlalnepantla de Baz.

Dans un contexte mondial de croissance urbaine galopante, la question climatique se situe au cœur des enjeux politiques d’aujourd’hui et de demain. En effet, « le dérèglement climatique concerne en premier lieu les villes qui en sont à la fois victimes (enjeux d’adaptation) et responsables (enjeux d’atténuation) » (A. Paugam). Les phénomènes urbains à fortes externalités négatives ne constituent pas seulement des freins au développement économique. Ils nuisent aussi à la qualité de la vie quotidienne des populations. Dès lors, il est essentiel de dépasser la dichotomie question environnementale versus question sociale. Il s’agit de réconcilier ces deux problématiques qui doivent se penser ensemble au sein d’une approche intégrée du développement urbain dans ses différentes composantes sociale, environnementale et économique. C’est dans cette optique que l’AFD conduit ses programmes, notamment au Vietnam et en Afrique du Sud (A. Odic).

Traiter le social et l’écologique avec la même exigence

De fait cependant, au Nord comme au Sud, les populations précaires donnent priorité à la question sociale. Elles se sentiront toujours plus concernées par la construction de latrines et par l’accès à l’eau que par la réduction des émissions (J. Damon). Le débat sur le changement climatique est trop abstrait pour mobiliser les populations : « investir pour préparer l’avenir ne fait pas forcément sens pour des personnes en situation de grande précarité » (D. Voynet). Il n’en reste pas moins que les villes et les bidonvilles ne peuvent pas ignorer la question climatique. Dans des contextes de fortes revendications sociales, il faut donc penser une communication humble, à échelle humaine, et les populations doivent être assurées que « leurs élus traitent les questions sociales et écologiques avec la même exigence » (D. Voynet). En outre, il faut trouver un équilibre entre projets de long terme, difficiles à percevoir pour les populations, et projets à visibilité immédiate.

Les freins aux projets de planification urbaine intégrée

Certains obstacles sont d’ordre culturel, comme le prouve « la difficulté d’imposer la mutualisation des espaces et de leurs usages » (D.Voynet). Les lobbies constituent également des freins à la mise en place d’un plan climat transversal. C’est le cas au Brésil (Minas Gérais), où le lobby industriel cherche à limiter l’ampleur d’une réglementation imposant empreinte Carbone aux industriels et  plan climat aux collectivités (O. Decherf). Enfin, vision et planification ne riment pas toujours avec concertation. Il peut être « très difficile de réunir les acteurs pour leur proposer de travailler ensemble sur une stratégie climat intégrée à la planification urbaine » (O. Decherf).

Des solutions : concertation, lutte contre la précarité énergétique et finance carbone

Au Mexique, à Tlalnepantla de Baz, des comités de participation citoyenne font le lien avec les autorités municipales, permettant, via un Plan d’action climatique municipal (Pacmun), de « mettre en place des projets bénéfiques pour les populations », au sein desquels les enfants jouent un rôle clé de « contrôleurs environnementaux » (H. Arredondo Juárez). Mais il faut veiller à aller au-delà d’un catéchisme du développement qui ne toucherait que les enfants. Une autre solution réside dans l’action centrée sur le nœud de la précarité énergétique qui se trouve « au confluent du social, du climatique et de l’environnemental » (J. Damon). Enfin, relancer la finance carbone est fondamental pour financer les plans climat, dans la mesure où « on ne peut pas tout attendre des bailleurs de fonds » (O. Decherf).

Des perspectives favorables

« Les pays africains sont prêts à affronter les questions climatiques » (O. Decherf). En septembre 2013, le sommet Ecocity à Nantes l’a prouvé : de nombreux maires africains de la ruralité étaient présents. En outre, de plus en plus d’élus comprennent que l’enjeu de demain réside dans la moindre consommation et la moindre dépense. Cependant, les stratégies climat locales doivent prendre en compte le droit pour chacun d’accéder à l’énergie, et donc d’émettre, tant au niveau des quartiers défavorisés qu’à celui des pays émergents en plein essor économique. Dès lors, « l’effort pour réduire les émissions ne devrait-il pas porter sur les quartiers plus cossus et les moins vulnérables ? » (A. Odic).

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