Le 24 avril 2013, l’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza au Bangladesh cause la mort de 1130 personnes, essentiellement des ouvrières textiles travaillant dans des ateliers qui alimentent le marché européen. Ce drame met au cœur de l’actualité la question des conditions de travail qui s’exercent dans certains pays en développement et les effets d’une mondialisation dérégulée. Comment concilier croissance économique et travail décent ? Quel rôle pour chacun des acteurs impliqués ? Ces questions ont été débattues à l’Agence Française de Développement.

Organisateurs

Le 24 avril 2013, l’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza au Bangladesh cause la mort de 1130 personnes, essentiellement des ouvrières textiles travaillant dans des ateliers qui alimentent le marché européen. Ce drame met au cœur de l’actualité la question des conditions de travail qui  s’exercent dans certains pays en développement et les effets d’une mondialisation dérégulée. Il interroge aussi sur la césure croissante entre travailleurs du Nord et du Sud, la crise et la recherche de main d’œuvre à moindre coût  ayant tendance, via les délocalisations, à créer des ressentis de concurrence entre salariés des deux hémisphères. Dans ce contexte, comment concilier croissance économique et travail décent ? Quels rôles les syndicats peuvent-ils jouer ici et là bas ? Comment impliquer les consommateurs ? Quelles responsabilités pour les entreprises ? Quel plaidoyer des ONG pour une plus grande régulation de l’Etat sur ces questions ?

Peut-on concilier croissance et travail décent ?

Date

mardi 19 novembre 2013

Heure

17h00 - 19h00

Lieu

Agence Française de Développement
5 rue Roland Barthes
75012 Paris

Animée par David Eloy, rédacteur en chef d’Altermondes et conclue par Danielle Auroi, présidente de la commission des Affaires européennes et députée du Puy-de-Dôme.

Interviendront :

  • Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Ethique sur l’étiquette
  • Farid Baddache, directeur de BSR Europe
  • Christophe Quarez, secrétaire fédéral de la fédération CFDT (Chimie/Energie)
  • Marie-Odile Waty, responsable de la division du partenariat avec les ONG de l’AFD

Le 24 avril 2013, la mort de 1130 ouvriers textiles dans l’incendie du Rana Plaza, au Bengladesh, remettait au cœur de l’actualité la question du travail décent dans les pays du Sud. Pourtant, cet événement tragique ne constitue qu’une illustration parmi d’autres des ravages sociaux et environnementaux d’une économie dérégulée, fondée sur le recours massif de grandes entreprises à la sous-traitance. Dans ce contexte, comment articuler croissance et travail décent pour créer de nouveaux modèles de développement dans les pays du Sud ? Quelles sont les responsabilités des entreprises en la matière ? Quels rôles syndicats, ONG, Etats et bailleurs de fonds peuvent-ils jouer pour faire progresser les pratiques des entreprises ?

 

Bilan social d’une économie régulée

Bénéficiant d’une mondialisation dérégulée, les entreprises multinationales ont pu ouvrir dans les pays du sud de nouveaux marchés, créateurs d’emplois mais « dépourvus de législations sociales et environnementales solides » (C. Quarez). Ainsi, l’économie mondiale s’est faite au détriment de « modèles de développement susceptibles de répondre aux aspirations de justice sociale et de réduction des inégalités » (N. Ajaltouni). Et au profit de grands donneurs d’ordre – et de leurs sous-traitants – qui favorisent « le moins-disant social et environnemental » (C. Quarez).

 

Les entreprises peuvent-elles responsabiliser la mondialisation ?

Pour autant, depuis quelques années, « des pratiques et des discours de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ont été mis en œuvre » (N. Ajaltouni), prenant la forme de chartes éthiques, d’audits sociaux ou encore de politiques d’achat responsables. Les multinationales auraient donc vocation à constituer « une partie de la solution et pas seulement du problème » (F. Baddache). Cependant, en dépit de ces avancées intéressantes, les travailleurs de certains pays demeurent grandement désavantagés « en matière de salaires, de conditions de travail et de liberté syndicale » (N. Ajaltouni). Pour certains, l’autorégulation du marché et les bonnes pratiques d’entreprises ne suffiraient donc pas (D. Auroi).

 

Syndicats et société civile, promoteurs du travail décent

Dans un contexte de faible régulation du marché mondial, « les syndicats considèrent que ce qui relève de la RSE doit être contractualisé » (C. Quarez). En ce sens, des Accords-cadres internationaux (ACI) d’entreprise offrent par exemple « un cadre de cohérence sociale commun à toutes les filiales d’un groupe », indépendamment des pays où elles se trouvent (C. Quarez). En parallèle de cette pression syndicale interne sur les pratiques des entreprises, les Organisations de la société civile (OSC) utilisent un autre levier, celui de la mobilisation citoyenne. Celle-ci passe notamment par « une rationalisation des comportements de consommation » (N. Ajaltouni).

 

Régulation par le droit ou par le financement : le rôle des Etats et des bailleurs de fonds

Etats et institutions financières ont eux aussi leur rôle à jouer dans la consolidation du travail décent au sein des pays de production. En France, une proposition de loi a ainsi été déposée en 2013, portant sur le devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre vis-à-vis de leurs filiales et de leurs sous-traitants. C’est néanmoins au niveau européen et mondial que les acteurs étatiques doivent intervenir pour assurer une meilleure régulation des conditions de travail dans le monde (D. Auroi). En tant que bailleur de fonds, l’AFD pèse elle aussi sur la promotion du travail décent, en conditionnant l’octroi de ses financements au respect de critères sociaux et environnementaux par les pays bénéficiaires. Au Cambodge, l’agence mène par exemple un dialogue avec les autorités étatiques, dans le but de renforcer l’application de la réglementation sociale cambodgienne, et de consolider dans ce pays une filière d’acheteurs responsables (M.O. Waty).

Sur le même thème

Je m'inscris à la newsletter ID4D

Une fois par mois, je suis informé(e) des nouvelles parutions sur ID4D.

Agenda