En Afrique, le nombre des plus de 60 ans va croître très rapidement : +385 % d’ici 2050. Leur part pourrait atteindre 30 % de la population dans certains pays (Tunisie, Maurice) à l’horizon 2050. De nombreux enjeux de développement seront impactés : santé, lutte contre la pauvreté, protection sociale … Ces nouveaux besoins ne sont pourtant pas inscrits dans les priorités politiques du continent qui sont actuellement largement concentrées sur les moins de 15 ans (40 % de la population). Quels sont les enjeux du vieillissement de la population en Afrique ? Comment y répondre et les anticiper au mieux ?

Organisateurs

En Afrique, le nombre des plus de 60 ans va croitre très rapidement : +385 % d’ici 2050. Leur part pourrait atteindre 30 % de la population dans certains pays (Tunisie, Maurice) à l’horizon 2050. De nombreux enjeux de développement seront impactés : santé (prévention et traitement des maladies chroniques, accès aux soins des personnes âgées), lutte contre la pauvreté et protection sociale (pensions, revenus et transformation des solidarités), emploi… Ces nouveaux besoins ne sont pourtant pas inscrits dans les priorités politiques du continent qui sont actuellement largement concentrées sur les moins de 15 ans (40 % de la population). Quels sont les enjeux du vieillissement de la population en Afrique ? Comment y répondre et les anticiper au mieux ? Quelles politiques publiques mettre en place ? Comment les partenaires du développement (bailleurs, ONG) peuvent-ils accompagner ces politiques ?

Le vieillissement de l’Afrique : enjeu actuel ou défi futur ?

Date

jeudi 27 juin 2013

Heure

17h00 - 19h00

Lieu

Agence Française de Développement
5 rue Roland Barthes
75012 Paris

La conférence-débat sera animée par Claire Hédon, journaliste à RFI

Interviendront :

  • Laurent Nowik, maître de conférence en sociologie et démographie à l’Université de Tours et chercheur associé à l’Institut national d’études démographiques (INED) (PDF)
  • Charles Know-Vydmanov, expert protection sociale, HelpAge international (PDF)
  • Sheila Bappoo, ministre de la sécurité sociale et de la solidarité nationale de la République de Maurice (PDF)
  • Christian Barrier, directeur du département du développement humain à l’AFD

L’Afrique est le moins vieux des continents : les plus de 60 ans ne représentent que 5,3 % de la population. Se préoccuper de la vieillesse et du vieillissement peut donc paraître prématuré. L’enjeu est toutefois actuel. À Maurice par exemple, les personnes âgées représentent déjà plus de 12 % de la population totale. Il est également intergénérationnel : sur l’ensemble du continent, on estime que « 42 % de la population africaine vit dans un foyer où vit une personne âgée » (Charles Knox-Vydmanov). Le vieillissement de l’Afrique est donc déjà un enjeu, mais il représente surtout un défi à anticiper dès aujourd’hui pour l’avenir : en 2050, 200 millions d’Africains auront plus de 60 ans. Soit quatre fois plus qu’aujourd’hui.

 

Prise en charge des ainés : des solidarités familiales en mutation

Jusqu’à présent en Afrique, les personnes âgées étaient prises en charge par leurs descendants. Mais « les sociétés évoluent, une plus grande partie de la population habite en ville et vit selon des modèles économiques et sociaux différents de ceux du passé. » Ces transformations éloignent les jeunes générations des personnes âgées : elles peuvent de moins en moins supporter le coût de la prise en charge de leurs aînés et manquent de temps pour le faire. Les « mécanismes de solidarité anciens se sont affaiblis, voire même effondrés » (C. Barrier). Mieux connaitre ces populations, leurs caractéristiques, leurs besoins est donc essentiel.

 

Améliorer l’accès aux soins et proposer des solutions d’accompagnement d’ordre médico-social : une priorité

« Comment l’État pourra-t-il accompagner les aidants qui vont s’occuper de ces personnes âgées dépendantes pour qu’elles vivent dignement jusqu’à la fin de leur vie ? » (L. Nowik). Comme à Maurice, où le vieillissement de la population a été anticipé par des politiques publiques volontaristes, l’offre de soins et d’accompagnement doit être adaptée à la diversité des situations : maladies chroniques, handicaps sévères, pertes d’autonomie, solitude, etc. Des programmes préventifs de dépistage des pathologies devraient être proposés gratuitement aux anciens. La formation du personnel médico-social d’accompagnement est nécessaire pour le bien-être des personnes âgées et pour éviter l’épuisement familial.

 

A moyen terme, développer un système de protection sociale en adéquation avec les caractéristiques du marché du travail Africain

Le secteur informel représente 80 % de l’économie des pays africains, ce qui pose le problème du financement des retraites. « Aujourd’hui les actifs et les entreprises sont peu appelés à cotiser pour des raisons liées à la structuration du marché du travail » (L. Nowik). Les concepts d’employeur et de salarié ne sont pas pertinents. En conséquence, « la plupart du temps, ces personnes continuent à travailler car très peu d’entre elles, probablement pas plus de 20 % à l’échelle du continent, sont bénéficiaires d’une pension de retraite » (L. Nowik). Il faudrait donc imaginer des systèmes de protection sociale des personnes âgées tenant compte de l’économie informelle.

 

Sensibiliser les anciens et les autorités locales et nationales aux droits des personnes agées

Droit de vivre en sécurité, de ne pas être maltraité, d’être soigné, d’être respecté dans son intégrité : il faut informer les personnes âgées de leurs droits et des services mis à leur disposition. Il faut surtout les aider « à se renforcer, à se réunir au sein d’associations qui leur permettent de participer à l’élaboration de politiques au niveau local et national ». Il faut enfin collecter des données pertinentes et mener des actions de plaidoyer pour convaincre les autorités locales et nationales de l’importance de la question du vieillissement, de la nécessité de mener des politiques adaptées et de la faisabilité économique de ces politiques. Par exemple, contrairement aux idées reçues, « le coût d’une pension de vieillesse pour toutes les personnes âgées de plus de 65 ans dans la plupart des pays africains s’élèverait à moins de 0,5 % du PIB » (C. Knox-Vydmanov). De plus, les retombées économiques et sociales sur l’entourage sont potentiellement importantes.

 

Mobiliser la communauté internationale autour du financement de la protection sociale

Les objectifs post 2015 sur le développement humain devraient couvrir toute la durée de la vie : « il est clair que nous ne pouvons pas prétendre atteindre ces nouveaux objectifs – vivre plus longtemps en meilleure santé – en centrant les efforts uniquement sur les maladies transmissibles ou sur la santé maternelle et infantile. » (C. Barrier). Agir sur les thématiques liées au vieillissement est également primordial. Mais la volonté politique et les financements ne sont pas à la hauteur, de sorte que des solutions de financements innovants, comme la taxe sur les transactions financières mise en place par la France pour le financement de la protection sociale doivent être trouvées.. « C’est le moment de mobiliser les efforts de tous les États membres de l’ONU pour que soit signée une convention internationale sur les droits des personnes âgées » (S. Bappoo).

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