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Un nombre croissant d’acteurs financiers, publics comme privés, nationaux comme internationaux, se mobilise aujourd’hui pour financer la lutte contre le changement climatique, soutenir les politiques de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation aux effets du dérèglement climatique, et financer les investissements correspondants.

Organisateurs

Un nombre croissant d’acteurs financiers, publics comme privés, nationaux comme internationaux, se mobilise aujourd’hui pour financer la lutte contre le changement climatique, soutenir les politiques de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation aux effets du dérèglement climatique, et financer les investissements correspondants.

En 2009 à Copenhague, les pays industrialisés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 en faveur des pays en développement. Le Fonds Vert, créé en fin 2010 et désormais opérationnel, est destiné à devenir une source importante de financement des actions mondiales pour le climat. Cependant, les financements existants ne permettent pas de couvrir la totalité des besoins. Mobiliser de nouvelles ressources, et surtout rediriger les flux de financement vers des investissements bas carbone et résilients, constitue ainsi un enjeu majeur des négociations internationales sur le climat.

Comment assurer le lien entre climat et développement ? Quels sont les instruments efficaces pour rediriger les flux d’investissements privés ? Quels sont les instruments à disposition des financeurs publics ? Pourquoi et comment financer la transition écologique dans les pays pauvres ? Comment financer l’adaptation des économies pauvres aux effets du changement climatique ? Quelles modalités d’actions pour le Fonds Vert ?

 

Date

mardi 09 septembre 2014

Heure

11h30 - 13h00

Lieu

Forum Mondial Convergences
Palais Brogniart
Paris

La conférence-débat sera animée par Anne-Cécile Bras, journaliste à RFI.

 

Interviendront :

  • Samuel Bryan, directeur technique de Nexus Carbon for Development
  • Séverin Cabannes, directeur général délégué de la Société Générale
  • Christine Fedigan, déléguée climat de GDF SUEZ
  • Pierre Forestier, responsable de la division changement climatique de l’Agence Française de Développement
  • Tosi Mpanu-Mpanu, expert en développement durable et finance climatique qui a présidé le Groupe Afrique des négociateurs (GAN) au sommet de Durban (2011)

 

La conférence sera conclue par Teresa Ribera, directrice de l’IDDRI

La lutte contre le changement climatique mobilise de plus en plus d’acteurs financiers, publics ou privés. Cependant, en dépit de cette prise de conscience, les financements demeurent largement insuffisants pour couvrir la totalité des besoins. Un des enjeux est de rediriger les flux financiers actuels vers des investissements « verts ».

 

Les enjeux de la finance climat

La finance climat vise, à réduire l’importance des changements climatiques futurs. Elle se concentre sur les investissements ayant des bénéfices en termes d’adaptation, d’atténuation ou de séquestration.

« Les besoins d’investissements en matière de réduction de gaz à effet de serre s’élèveraient à environ 1 500 milliards de dollars par an, et à environ 500 milliards pour l’adaptation » dans tous les domaines : énergie, infrastructures, industrie, équipements et services (Pierre Forestier).

Malgré une prise de conscience générale, les besoins sont encore loin d’être couverts, d’autant qu’il est parfois difficile d’évaluer l’efficacité des investissements climat : « lorsqu’on investit dans le cadre de la finance climat, on se trouve face à une dimension plus qualitative que quantitative » (Tosi Mpanu-Mpanu). L’enjeu est donc double : développer la finance climat et trouver un équilibre entre les quatre flux de financement – les financements publics internationaux, les financements privés internationaux, les financements publics nationaux et les financements privés nationaux.

 

Des dispositifs pour développer la finance climat déjà en place 

L’un des plus notoires est le marché du carbone, divisé en deux sous-marchés : le marché réglementaire et le marché volontaire. Le premier permet d’utiliser les réductions d’émissions de gaz à effet de serre de projets vertueux pour les revendre à des entreprises qui ont des limites d’émission. À ce jour, il n’a pas atteint ses objectifs. Le second est l’œuvre d’entreprises qui souhaitent d’elles-mêmes avoir des pratiques responsables. Ce marché volontaire se porte mieux car on peut en mesurer des « retombées de développement très concrètes » et car « les prix sont très stables. » (Samuel Bryan).

Autre levier d’action, le MDP (mécanisme de développement propre) permet aux pays industrialisés de financer des projets qui réduisent ou évitent des émissions dans les pays en développement et sont récompensés en crédits carbone. En retour, les pays bénéficient de transferts de compétences et de technologies tout en participant aux efforts mondiaux de réduction d’émissions. Le nombre de projets – 7 000 – montre le succès du MDP. Malheureusement, les pays occidentaux se désengagent de ce mécanisme à cause de la chute du prix de la tonne de carbone.

Enfin, le Fonds vert, acté à la conférence de Cancun en 2010, devrait en principe être capitalisé à hauteur de 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020 pour soutenir les pays en développement dans la mise en place de projets climat. « Au sein des négociations sur le climat, le Groupe Africain estime qu’il faudrait mobiliser 14 milliards de dollars en 2014. Aujourd’hui, il atteint environ 1 milliard de dollars. On est donc loin du compte. Si les pays en développement viennent à Paris en 2015 pour souscrire l’accord, la communauté internationale devra débloquer des financements » (Tosi Mpanu-Mpanu).

L’engagement du secteur privé pour le climat

Les grandes entreprises ont aussi mis en œuvre des politiques spécifiques. GDF-SUEZ s’est par exemple engagé avec la Banque mondiale dans la finance carbone avant même le protocole de Kyoto, et a créé son propre fonds de 10 millions d’euros. Par ailleurs, l’entreprise a lancé en 2014 le plus important green bond (obligations vertes) émis à ce jour par une entreprise, pour 2,5 milliards d’euros. « Il s’agit d’une contribution importante à la transition énergétique, puisque les fonds collectés seront dirigés vers des projets liés aux énergies renouvelables ou à l’efficacité énergétique » (Christine Fedigan).

De son côté, la Société Générale a réarticulé sa politique de développement. « La Société Générale se fixe des contraintes et refuse de financer les projets qui ne respectent pas une contribution positive à la problématique climatique » (Séverin Cabannes). Elle a notamment développé sous l’égide des Nations unies une méthodologie de finance à impact positif sur l’environnement

 Mutualisation des ressources, courage politique et partage des risques

Les sommes considérables à investir dans la lutte contre le changement climatique sont pour l’instant prises en charge aux deux tiers par le secteur privé et les financements mixtes sont de plus en plus fréquents. Une mutualisation des moyens sur laquelle l’Agence Française de Développement se mobilise. « Outre son rôle de financeur, l’AFD entend avoir un rôle catalytique d’entraînement sur la transformation des politiques publiques et sur les financements privés et publics, internationaux et nationaux ». La finance publique doit « prendre des risques que les autres ne pourraient pas assumer ». L’objectif est d’ouvrir des marchés et rediriger les flux de financement des investissements économiques actuels, par exemple dans le secteur de l’énergie ou du transport, vers des investissements « verts ». (Pierre Forestier).

Aller efficacement vers la transition énergétique, c’est aussi prendre des décisions politiques. « Il est fondamental de créer des incitations vertueuses et de détruire les incitations pernicieuses. Pour ce faire, il faut mettre fin à certaines subventions au niveau des carburants fossiles». Il faut aussi « avoir le courage d’aborder clairement « la question hautement politique des sources innovantes de financement », telles que la taxe sur les transactions financières. (Tosi Mpanu-Mpanu).

Enfin, pour financer l’agenda climat, la participation de tous les acteurs est nécessaire : le secteur privé, les investisseurs institutionnels, les gouvernements mais aussi la société civile. Impliquer ceux qui définissent les politiques monétaires et les règlements bancaires est une réflexion en cours (Pierre Forestier). « Tous les pays doivent progressivement prendre part à l’effort et à l’ambition de réduction » des émissions» (Christine Fedigan). Certes, les pays développés et les émergents, doivent réduire leurs émissions, mais il faut garder à l’esprit que les économies en train de croitre sont les futurs émetteurs (Pierre Forestier).

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