Genevieve Ferone
Genevieve Ferone

Avant même son ouverture, tout un chacun prédit l’échec du futur sommet danois de Copenhague sur l’environnement. Certes les raisons de craindre une réunion internationale aux faibles résultats existent. Il n’empêche, les enjeux sont trop graves pour qu’on accepte une philosophie de l’échec avant même d’avoir essayé.

Il semble de bon ton, à quelques semaines du sommet de Copenhague, de prédire un enlisement des négociations internationales et d’énoncer toutes les raisons pour lesquelles il est vain d’espérer un accord de principe sur une future feuille de route mondiale, ouvrant la voie à une économie fondée sur un nouveau paradigme énergétique.

En effet, il est d’ores et déjà acquis que les engagements de réduction de gaz à effet de serre (GES) fixés par le protocole de Kyoto, ne seront pas respectés lorsque l’on arrêtera les comptes en 2012. Pour noircir davantage le tableau, les derniers travaux du GIEC, ont démontré que ces premiers objectifs, sont beaucoup trop limités si nous souhaitons contenir la dérive climatique dans une fourchette « raisonnable ».

Trouver un accord, et s’y tenir entre des acteurs aux intérêts si divergents, parait à l’évidence une illusion. L’histoire de la diplomatie internationale est en effet pavée d’échecs et de compromissions, dans tous les domaines : l’aide au développement, l’agriculture, le commerce, les droits de l’homme, la lutte contre la corruption. Pourquoi en serait-il autrement pour le climat ?  Laissons la technologie accomplir des miracles et la main invisible du marché verdir doucement.

Cette posture est intenable et irresponsable. Il parait particulièrement dangereux de renoncer à notre seul espace et instrument de négociation internationale prenant prétexte de nos éternelles rivalités et de notre incapacité à partager équitablement les ressources de cette planète. Nous sommes arrivés à un point de non retour menaçant tous les fondamentaux de nos sociétés, l’équilibre fragile de nos organisations sociales, économiques et politiques.  Nous ne pouvons plus nous accommoder de cette tiédeur, de ces petits marchandages opportunistes.  Grandissons, apprenons à vivre et à parler ensemble autrement.

En effet, nous devons inventer un nouveau modèle économique plus équitable, intégrant pleinement les contraintes environnementales pour 7 milliards d’êtres humains d’ici 10 ans. Nous sommes démunis et incapables de trouver les déterminants de cette croissance verte que nous appelons de nos vœux, telle une pensée magique.  Avant de recueillir les fruits de ce nouvel âge d’or, il faudra  d’abord s’engager dans une longue et délicate période de transition. A y regarder de plus près, ce passage ressemble fortement à un chas d’aiguille face auquel, nous avons le choix suivant : passer à l’intérieur ou échouer. Ce passage nécessite donc une prise de conscience immédiate et collective des enjeux climatiques et énergétiques. Passer ensemble le chas de l’aiguille impose d’adopter, de façon concertée, la bonne trajectoire, au degré près et de se donner les moyens d’agir considérablement sur sa souplesse et sa corpulence.

Ces deux questions sont exactement au cœur des négociations de Copenhague et nous devons collectivement y répondre, au plus vite. N’enterrons pas trop vite les rudiments du seul alphabet vert dont nous disposons et sur lequel reposera à l’avenir notre langue commune.

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