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iD4D vous propose ici la synthèse de la conférence iD4D qui s’est déroulée le 21 mai 2013 à l’Agence Française de Développement.

  • Franck Galtier, chercheur au sein de l’unité MOISA du CIRAD
  • Jésus Antón, économiste senior au département commerce et agriculture de l’OCDE
  • Frédéric Courleux, chef du bureau de l’évaluation et de l’analyse économique au centre d’études et de prospective du Ministère de l’agriculture
  • Jean-Luc François, chef de la division agriculture, développement rural et biodiversité de l’AFD

« Il n’existe aucune solution universelle pour gérer l’instabilité des prix » (Galtier). Les quatre  stratégies identifiées peuvent être pondérées et combinées différemment par les pays, et mises en œuvre avec des instruments différents. S’agissant des pays en développement, les Etats et la communauté internationale ont un rôle essentiel à jouer.

 

La doctrine libérale n’a pas produit les bénéfices escomptés

L’instabilité des prix alimentaires est un problème crucial pour les pays en développement. A court terme, elle affecte la consommation des ménages et donc la sécurité alimentaire. A long terme, elle compromet le processus de développement (Galtier), notamment car elle décourage les investissements agricoles. Pour faire face à ce défi, il avait été préconisé dans les années 1980 de libéraliser les marchés agricoles et de recourir à des instruments privés de couverture des risques (assurances, contrats à termes, options…). Cette stratégie devait favoriser les investissements, la productivité et donc le développement de l’agriculture, notamment en Afrique. Cette doctrine a dominé tant le milieu académique que politique, notamment dans les institutions internationales et chez les bailleurs de fonds (Galtier). Les résultats décevants en matière de stabilité des prix, de développement agricole et les nombreuses crises alimentaires, telles que la crise au Sahel en 2005 et la crise de 2008 sur les marchés internationaux, ont montré les limites de cette doctrine. La critique sur l’inefficacité des instruments assurantiels peut toutefois être tempérée car il a été « très peu essayé de les mettre en application ou d’y appliquer les moyens suffisants » (Debar). Bien sûr, tout n’a pas été essayé avec les instruments assurantiels (Galtier). Néanmoins, nous n’avons pas d’exemple d’un pays dans lequel une révolution verte aurait été stimulée par des instruments assurantiels. La leçon de l’histoire est plutôt que c’est seulement après que les agricultures aient connu leur mutation et soient devenues productives que les producteurs agricoles ont intérêt et sont capables d’utiliser les instruments assurantiels.

 

De nouvelles solutions qui restaurent la légitimité de l’action publique

Dans les années 2000, le débat a été ré-ouvert et les efforts de recherche ont été repris. Quatre stratégies ont été identifiées : deux visent à stabiliser les prix et deux à réduire l’instabilité des prix. « Il semble que la seule stratégie possible pour protéger les producteurs des pays en développement soit de garantir des « prix plancher » par le recours à des stocks publics et par la régulation des importations et des exportations » (Galtier).

Si les politiques préconisées génèrent des effets positifs (réduction de l’insécurité alimentaire, stimulation de l’investissement …), leurs coûts sont à considérer avec attention (coût budgétaire pour l’Etat, risque de surplus…).  Par conséquent, il est nécessaire de bien s’assurer que la stratégie choisie est la plus pertinente pour le pays concerné (rapport coûts-bénéfices positif). Pour ce faire, un travail d’analyse conséquent doit donc être préalablement mené : « il faut étudier de façon analytique les sources d’instabilité les plus probables, les conséquences possibles et les corrélations qui pourraient exister » (Antón). Les objectifs fixés doivent être réalistes : les  prix plancher doivent être fixés à des niveaux raisonnables. La mise en place de ces politiques nécessite aussi des moyens financiers ainsi qu’une réforme des accords commerciaux des pays (Galtier). Enfin, la qualité de la gouvernance et les capacités techniques et financières des pouvoirs publics sont déterminants : « il faut une action publique mesurée, prudente, pas totalement déconnectée des marchés » (François). La mise en œuvre de ces politiques demande un suivi fin de la part des autorités : « Lorsque ces politiques ont atteint leur objectif (transformer l’agriculture en stimulant les investissements), il faut diminuer ces prix plancher, puis les supprimer » (Galtier).

 

La communauté internationale a un rôle déterminant à jouer

Elle doit fournir aux pays en développement « des moyens financiers et réformer les règles de l’OMC afin de réduire les contraintes imposées aux pays en développement en matière de politiques agricole et commerciale (Galtier). Les institutions internationales pourront contribuer à l’amélioration  des systèmes de gouvernance afin que ces derniers soit « plus stables et plus fiables » (Antón). Des initiatives ont déjà été lancées, telles que la Plateforme pour la gestion des risques agricoles (PARM).

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