Sur le modèle de la NBA, la Basketball Africa League doit effectuer ses grands débuts en mars. L’occasion pour son président Amadou Gallo Fall, également vice-président de la NBA, d’affirmer le rôle central du sport dans le développement de l’Afrique.

Demontration lors de l'inauguration d'un nouveau terrain de basket à Zenata, Maroc (Juin 2019) © AFD
Demontration lors de l'inauguration d'un nouveau terrain de basket à Zenata, Maroc (Juin 2019) © AFD

Quelle place occupe le basket en Afrique ?

Le basket est un sport très populaire, le deuxième derrière le foot. Sa pratique se développe très rapidement. La NBA est engagée depuis longtemps sur le continent et nous y avons ouvert notre premier bureau dès 2010, à Johannesburg (Afrique du Sud).

Le basket est un appui puissant pour le développement. C’est également un outil efficace au service de la diplomatie et de la paix. Le sport, et le basket en particulier, a la capacité d’unifier et de galvaniser, d’imprimer une influence positive sur la société. Ces aspects sont pour nous extrêmement importants dans la démarche de création de la Basketball Africa League (BAL).

Il y a, par ailleurs, une tradition très ancrée dans le monde du basket NBA qui consiste à rendre à la communauté. On peut citer le grand philanthrope qu’est l’ancien joueur Dikembe Mutombo, qui a bâti un hôpital en République démocratique du Congo. D’autres joueurs ou anciens joueurs investissent dans l’agriculture, l’éducation, les nouvelles technologies, le divertissement ou dirigent la fédération de basket de leur pays. Tout cela est extrêmement concret et utile.

 

En quoi la création d’une telle ligue sur le continent africain, dont les premiers matchs sont prévus en mars 2020, va-t-elle servir le développement ?

D’abord, elle offre l’opportunité aux talents africains d’évoluer au plus haut niveau chez eux. Car ces talents s’exportent de façon trop systématique, en basket comme dans d’autres domaines. Au-delà du sport, il est dans notre ADN d’utiliser le basket comme vecteur de développement, aussi bien au niveau individuel que communautaire. Ainsi, en parallèle de leur carrière sportive, les joueurs NBA sont accompagnés dans leurs besoins de formation ou d’orientation professionnelle. On essaie de former des personnes complètes.

Les programmes que nous développons en Afrique, dont désormais la BAL, répondent aussi à ces objectifs. Par exemple, les jeunes gens qui intègrent notre programme NBA Academy Africa reçoivent des bourses d’études complètes. Ils sont athlètes et étudiants à part entière : ils apprennent les fondamentaux du basket et les fondamentaux de la vie. C’est sur ces bases que nous lançons la BAL.

 

Vous insistez également sur l’aspect économique de ce projet. En quoi est-ce important de réussir sur ce plan ?

C’est primordial pour pouvoir pérenniser le projet de la Basketball Africa League. Si on croit au produit de divertissement, on croit tout autant à l’impact que cette ligue va avoir sur l’écosystème du sport en Afrique. On veut créer une industrie du basket qui engendre de l’emploi, via notamment les infrastructures et les salles comme la Dakar Arena, la Kigali Arena ou la Kilamba Arena (en Angola). Une multitude d’activités va se développer autour de ces matchs de basket et des secteurs comme la restauration, l’hôtellerie, les transports, la sécurité, les médias et  la logistique vont en bénéficier. C’est aussi l’opportunité de montrer un autre visage de l’Afrique.

 

Quelles sont, selon vous, les attentes de la jeunesse africaine en 2020 ?

Elle continue d’avoir le courage de ses ambitions, à rêver très grand. Elle a un vrai sens des responsabilités, un grand sens du devoir. La jeunesse épouse l’idée que l’Afrique doit se développer grâce aux Africains en premier lieu, tout en collaborant avec nos partenaires dans le reste du monde, mais d’égal à égal. L’innovation est bouillonnante sur ce continent, et les perspectives d’avenir très prometteuses. Il est important d’avoir une jeunesse capable de relever les défis liés à ce futur porteur d’espoir.

D’ici peu, les plus grandes villes du monde seront africaines. La plus importante population du monde sera ici, en Afrique, et elle sera jeune. Le sport peut être un instrument extraordinaire pour accélérer le développement de cette jeunesse. Cela vous apprend la discipline, la confiance en soi, l’esprit d’équipe, le respect de l’autre. On a besoin de ces traits de caractère pour faire avancer cette jeunesse et créer des opportunités.

Nous nous inscrivons, par ailleurs, dans la logique qui consiste en Afrique à dupliquer les meilleurs standards internationaux en matière d’éducation et de formation. Il faut que l’excellence vienne aux jeunes Africains. Ils ne doivent pas être obligés d’aller chercher des modèles ailleurs. C’est aussi pour accompagner ce mouvement de fond que nous créons la BAL.

 

Entretien réalisé par Xavier Frison, équipe ID4D.


 

 

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

 

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