Rajendra Pachauri
Rajendra Pachauri

La Conférence des Parties à Copenhague n’a pas produit les résultats espérés lors de la 13e Conférence des Parties à Bali (décembre 2007), et durant les mois qui la suivirent.

Les réalités du changement climatique, énoncées dans le Quatrième Rapport d’évaluation du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC), imposaient l’adoption d’un accord fort à Copenhague. Ce rapport avait permis une large prise de conscience à travers le monde, à la fois sur les impacts du changement climatique (malgré les controverses récentes sur la question du rôle des émissions de gaz à effet de serre et sur les bénéfices tirés de la réduction de ces émissions). Pour tous, l’adoption d’un accord mondial aurait pu constituer une étape décisive, essentielle pour aller plus loin. Quoi qu’il en soit, Copenhague a abouti à un document désormais appelé Accord de Copenhague, signé par un nombre restreint de pays et qui n’est rien d’autre qu’une déclaration d’intention commune des signataires. Toutefois, l’accord en lui-même contient quelques éléments utiles.

Il reconnaît par exemple la nécessité de limiter l’augmentation de la température à 2°C1. Plusieurs acteurs de la société civile et l’opinion publique insistaient sur cet objectif depuis un certain temps. Copenhague a également chiffré à 30 milliards de dollars, pour la période 2010-12, l’aide financière nécessaire pour que les pays en développement puissent s’adapter aux conséquences du changement climatique, et adopter des mesures de réduction des émissions. De plus, longtemps débattues, les actions de lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts ont été citées comme des outils efficaces de réduction globale des émissions de gaz à effet de serre à travers la mise en œuvre de mesures adaptées dans plusieurs pays où la déforestation est un véritable problème – comme au Brésil où les énormes réserves de forêt amazonienne sont en train de disparaître à une vitesse considérable.

Voici la question que l’on doit se poser aujourd’hui : comment le monde pourrait-il avancer désormais, alors qu’il n’y a pas eu d’engagement ferme à Copenhague et qu’il nous reste moins d’un an pour obtenir des résultats concrets à Mexico, lors de la prochaine Conférence des Parties fin 2010 ?

Pour réussir au niveau mondial, il faut un engagement sans précédent de plusieurs pays. Il est évident qu’un grand nombre de résistances se manifestent et s’organisent à plusieurs échelons, notamment aux États-Unis où le Sénat tarde à voter la législation proposée par l’administration américaine. Il est essentiel dans les démocraties que les citoyens comprennent la nécessité, en particulier sur le changement climatique, d’une décision rapide et anticipée, dont nos sociétés tireraient un grand bénéfice. C’est pourquoi nous avons besoin d’une capacité de décision visionnaire pour lancer et voir au-delà de la nécessaire transition de notre système économique. Il faut passer des énergies fossiles à un système qui non seulement utilise mieux l’énergie, mais optimise aussi les sources d’énergies renouvelables. L’actuelle crise économique, loin d’être un frein pour cette transition, est une opportunité que doivent saisir et comprendre les dirigeants et l’opinion publique mondiale si nous voulons un accord global. C’est à cette condition que nous pourrons agir à la Conférence des Parties à Mexico.

Photo © Sara Galbiati

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