Animée par Arnaud Ardoin, journaliste à LCP, cette conférence  s’est tenue à l’Agence Française de Développement le 13 novembre 2013.

Sont intervenus :

  • Anne PAUGAM, directrice générale de l’AFD
  • Jean-Marie BOCKEL, rapporteur, sénateur du Haut-Rhin
  • Jeanny LORGEOUX, rapporteur, sénateur du Loir-et-Cher
  • Jean-Marc CHATAIGNER, directeur général adjoint de la mondialisation, du développement et des partenariats au ministère des Affaires étrangères
  • Lionel ZINSOU, président du fonds d’investissement PAI
  • Yves BOUDOT, directeur du département Afrique de l’AFD

 

Retrouvez ci-dessous la synthèse des échanges :

Le rapport établit un double diagnostic. Celui de la situation du continent africain en matière économique, démographique, humanitaire, environnementale, diplomatique, sécuritaire. Et celui des relations entre France et Afrique dans l’histoire et dans le présent. Il s’en dégage « une vision positive de l’Afrique, de ses potentialités, des partenariats économiques, des liens entre société civile, collectivités territoriales et acteurs divers qui sont à renforcer. » (A. Paugam) Sans mésestimer les risques et les difficultés, la France ne doit pas manquer l’opportunité africaine, celle d’un continent en pleine métamorphose, d’« un réservoir de croissance » (JM. Bockel). À travers 10 priorités et 70 recommandations, le rapport propose des pistes de réflexion et d’action pour un renouveau de la relation Afrique-France.

 

La nouvelle donne africaine

Un milliard de nouveaux habitants dans quarante ans, 700 millions de nouveaux actifs quand l’Europe en perdra 90, une empreinte écologique qui va doubler… L’Afrique dans les décennies à venir sera confrontée à de nombreux défis auxquels s’ajoutent ceux de la pauvreté (400 millions de personnes vivent avec moins d’1,25 $ par jour), des inégalités, du manque d’infrastructures ou encore de la sécurité. En même temps, « le décollage économique africain représente une nouvelle donne » (JM. Bockel), « l’Afrique est un grand continent qui va se développer quelles que soient les disparités régionales, quels que soient les problèmes conjoncturels » (J. Lorgeoux). Même si « la croissance actuelle sur le continent ne se fait pas sous la forme d’un développement inclusif et durable », (L. Zinzou), elle est autrement plus dynamique que celle des pays occidentaux. Pour ces derniers, le décollage économique africain représente d’immenses opportunités : l’Afrique est devenue « un enjeu vital non seulement pour la France, mais aussi pour l’Europe » (J. Lorgeoux).

 

Une nouvelle relation gagnant-gagnant à construire

Dans ce contexte de nouvelle donne africaine, la France se trouve dans « une situation paradoxale : une relation sans précédent avec l’Afrique, mais une présence en recul » (JM. Bockel). La raison en est que « la politique africaine de la France a évolué moins vite que l’Afrique elle-même » (J. Lorgeoux). Aujourd’hui, la France doit donc mettre en œuvre une nouvelle stratégie avec deux objectifs : participer au développement africain et saisir l’opportunité de la croissance africaine. « Si on est bien ajusté à l’Afrique telle qu’elle croît, l’Afrique peut nous apporter les retombées économiques dont nous avons besoin » (L. Zinzou). Pour cela, la France doit proposer une démarche d’intérêts partagés, dans un esprit gagnant-gagnant. Car s’il est clair que la France a désormais besoin de l’Afrique, « il faut entériner le fait que nous avons mutuellement besoin de l’autre » (L. Zinzou). Une demande de coopération est d’ailleurs exprimée sur le terrain : « après un certain nombre d’expériences avec de nouveaux acteurs […], toute une série de décideurs africains manifestent une demande de France » (Y. Boudot). Le rapport marque 70 propositions et 10 priorités « pour que l’Afrique soit notre avenir et pour que nous soyons l’avenir de l’Afrique » (JM. Bockel). Cependant, il évoque certaines thématiques qui mériteraient d’être approfondies : « la recherche pour le développement au Sud », le « renforcement des capacités », la promotion d’institutions qui se trouveraient « entre les ONG et l’État » pour promouvoir le pluralisme politique, ou encore la participation des diasporas africaines à la construction, « à rebours de la Françafrique, de l’Afrique-France » (JM. Châtaigner).

 

Dix priorités pour une nouvelle relation Afrique-France (J. Lorgeoux)

–    Tenir un autre discours sur l’Afrique et définir une stratégie ambitieuse et cohérente
–    Améliorer le pilotage de la politique africaine et la cohérence des actions menées sur le terrain
–    Renforcer nos liens économiques avec l’Afrique qui décolle
–    Contribuer à la stabilité et la sécurité du continent
–    Promouvoir le pluralisme politique
–    Moderniser notre coopération au développement
–    Promouvoir l’expertise technique française
–    Renforcer notre action en faveur de la francophonie
–    Rétablir une cohérence entre notre politique d’influence et notre politique migratoire
–    Définir une stratégie africaine de la France dans les instances multilatérales et européennes

 

 

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