L’AFD a signé le 11 novembre son accréditation au Fonds vert. Elle s’engage à financer le changement climatique sur le long terme, notamment l’amélioration de la résilience des sociétés. Avec le Fonds vert, elle va multiplier l’impact de ses projets.

L’urgence est à l’action face au changement climatique, on le sait. Pas seulement en accélérant et en multipliant les projets qui peuvent atténuer les émissions de gaz à effet de serre ou aider les pays à s’adapter aux effets du réchauffement. Mais aussi en approfondissant la démarche et en multipliant les impacts des projets pour le climat. L’enjeu : changer de paradigme pour aller vers une économie bas carbone et résiliente. Comment faire, concrètement, pour parvenir à un monde plus vert ?

 

S’inscrire sur le long terme et soutenir des initiatives pertinentes et efficaces, c’est l’objectif du Fonds vert, créé en 2010 pour aider les pays en développement à financer la lutte contre le changement climatique. C’est aussi la mission que s’est fixée l’Agence française de développement (AFD). C’est la première banque de développement à vouloir rendre 100 % de ses financements compatibles avec l’Accord de Paris sur le climat. C’est-à-dire à inscrire l’intégralité de ses financements dans des trajectoires de transition sobre en carbone et résiliente, compatibles avec l’enjeu global de maintenir la température à +2°C et la capacité des écosystèmes et des hommes à s’adapter.

D’une certaine manière, le partenariat engagé en 2015 entre ces deux institutions relève de l’évidence. Elles partagent en effet la même philosophie. En scellant son accréditation au Fonds vert le 11 novembre avec la signature d’un accord-cadre de mise en œuvre, l’AFD s’engage à faire plus et mieux.

 

Faire plus et mieux face au climat

Avec pour mandat la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, le Fonds vert a été conçu pour être un instrument majeur de mobilisation des financements climat internationaux. Il n’opère pas directement sur le terrain mais intervient à travers son réseau de partenaires : pour l’instant 54 entités, dont l’AFD, sont accréditées pour mettre en œuvre ses financements.

 

 

Les promesses globales de contributions à ce Fonds, qui comprend dans son conseil d’administration 12 pays développés et 12 pays en développement, s’élèvent aujourd’hui à 10 milliards de dollars. La France a promis 1 milliard. À terme, le Fonds vert vise à mobiliser une large part des 100 milliards de dollars par an promis aux pays en développement par les pays développés en 2009, lors du sommet de Copenhague.

De son côté, l’AFD est un acteur majeur de la lutte contre le changement climatique. Elle a déjà octroyé plus de 24 milliards d’euros de financements bénéfiques à la lutte contre le changement climatique depuis sa première stratégie climat élaborée en 2005. Un niveau qui va passer à 5 milliards d’euros par an d’ici 2020, dont 1,2 milliard pour l’adaptation au changement climatique.

En devenant partenaire du Fonds vert, l’AFD va pouvoir aider à mobiliser des fonds supplémentaires. Mais au-delà des financements, elle cherche surtout à s’inscrire dans le long terme. Les ressources, qui sont rares, doivent en effet servir à déverrouiller des systèmes pour transformer les économies.

 

Dépasser l’approche par projets

La moitié de ses interventions couvre des projets avec un bénéfice direct pour le climat. L’AFD veut travailler avec le Fonds vert pour changer d’échelle, c’est-à-dire raisonner en termes de programme pour avoir plus d’impacts. Les aider à installer des centrales solaires ne suffit pas, il faut aussi accompagner les pays du Sud dans leur changement de trajectoire face au climat. L’idée est d’agir à tous les niveaux : sur les infrastructures, les politiques publiques, les incitations financières, mais aussi, par exemple, sur la formation des travailleurs des mines de charbon à d’autres métiers.

 

 

Innover, trouver de nouveaux mécanismes financiers

La bataille climatique ne sera par ailleurs remportée que si l’on parvient à mettre en place des mécanismes innovants capables de faire levier sur les financements publics et privés afin de réorienter, voire de transformer les investissements pour qu’ils soient plus contributifs à la lutte contre le changement climatique. Si cette révolution s’opère à grande vitesse dans le domaine de la production énergétique, des pans entiers d’activités restent à dynamiser.

L’un des objectifs du Fonds vert est aussi de prendre sa part du risque, celle qui permettra que des investissements puissent enfin se concrétiser. Avec son programme de label finance verte SUNREF, l’AFD encourage déjà les acteurs privés du Sud à participer à la transition énergétique avec des produits financiers innovants. Avec le Fonds vert, elle cherchera à développer encore ses outils pour leur permettre de saisir toutes les opportunités, y compris sur les questions de résilience et d’adaptation des économies et des sociétés aux effets du changement climatique, encore délaissées par la finance climat.

 

Faire plus d’adaptation

Les efforts d’adaptation s’avèrent plus difficiles à financer que les projets ciblés sur l’atténuation des émissions de carbone. Pourtant, les besoins sont immenses. En Afrique, continent concerné par 50 % des financements de l’AFD, les effets du changement climatique anéantissent peu à peu tous les efforts de développement.


Or le Fonds vert a prévu d’allouer la moitié de ses ressources à l’atténuation et l’autre moitié à l’adaptation. Une nécessité. Et une opportunité pour intervenir face à l’urgence qui est de lutter notamment contre la montée des eaux, contre la sécheresse, contre les inondations.

Une quinzaine d’opérations sont aujourd’hui à l’étude à l’AFD pour être présentées au Fonds vert d’ici 2020. Ces programmes de plus grande ampleur que les projets habituels doivent permettre d’aller au-delà des instruments traditionnels de la finance climat et avoir un impact plus fort sur les zones les plus vulnérables.

 

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

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