Dans la section de l’interview du 28 novembre 2012 consacrée à l’évolution de l’aide et de la coopération, M. Atwood estime que le terme « aide » est dévalorisant pour la coopération au développement. Il est humiliant pour ceux qui la reçoivent en les faisant apparaître comme des assistés.
De surcroît, le concept est démotivant, dès lors qu’il s’apparente à une action à sens unique, incitant chacun à se soustraire à ses responsabilités en termes de cohérence des politiques pour le développement. Or, il ne s’agit pas de créer des situations de dépendance comme le pensent des personnes telles que Dambisa Moyo (ndlr : auteur de « L’aide fatale », 2009), même si sa critique a pu être en partie justifiée. On ne peut nier les cas où l’aide au développement a contribué à étouffer la créativité sans faire progresser la situation. C’est pourquoi l’agenda de l’efficacité est si important.
Aux Etats-Unis, l’approche a changé sous Kennedy, en 1960-1961 quand l’USAID est née. Auparavant le dispositif d’assistance était orienté vers les aspects de sécurité. La création du Peace Corps a été une contribution majeure du gouvernement Kennedy. En 1961, le Development Assistance Group (DAG) a fusionné sous le nom de Comité d’aide au développement (CAD) avec l’OCDE pour coordonner les bailleurs de fonds. Ardent défenseur des droits de l’homme, Hubert Humphrey, sénateur et vice-président des Etats-Unis de 1965 à 1969, joua un rôle clé dans ces évènements et infléchit le programme d’aide américain. (ndlr : M. Atwood est doyen du Hubert Humphrey School Institute of Public Affairs, Université du Minnesota.)
Avec Busan et le Partenariat mondial a été créé en 2011 un nouvel espace de dialogue avec les bailleurs sud-sud, la société civile et le secteur privé. L’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie et le Mexique ont tous adhéré au Partenariat mondial. Il n’est plus question d’assistance mais de développement. Il n’est plus question de bailleur ni de bénéficiaire mais de partenaires. Busan est un appel à la cohérence des politiques et le CAD a pris de nombreux engagements ; celui d’utiliser les systèmes nationaux est d’autant plus important que les résultats des enquêtes sont encore insatisfaisants.
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